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3 questions à... Clément Beaune

31 juillet 2020 - Secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, Clément Beaune revient sur l'accord historique signé la semaine dernière par les 27 pays membres et les prochaines priorités européennes.

L’accord adopté la semaine dernière par les chefs d’état et de gouvernement marque un événement historique pour l’Union. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Pour la première fois dans l’histoire de l’Union Européenne, les 27 Etats membres se sont mis d’accord pour emprunter conjointement de l’argent afin d’investir et de financer la relance en Europe. Ce qui est nouveau, révolutionnaire, c’est que cet emprunt est commun. C’est-à-dire que nous partagerons cette action de relance, de façon solidaire, comme dans une famille dans laquelle on se serre les coudes dans les moments difficiles. C’est une révolution parce que dès lors qu’on accepte cela, on assume que l’Europe est avant tout un projet politique, que, à 27, nous avons un destin partagé qui nous lie pour l’avenir.


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Quelles sont, au niveau européen, les priorités politiques de notre pays pour les prochains mois ?

Nous avons pour priorité la relance économique d’abord. Une relance qui table sur quelques grandes priorités : la souveraineté industrielle, la transformation numérique et la transition écologique. La relance doit être « verte » et c’est ce que nous portons au niveau européen, avec un budget et un plan de relance. L’Europe doit également être porteuse de justice et de protection comme nous l’avons fait pour la réforme du détachement des travailleurs, qui est entrée en vigueur il y a quelques jours. D’une manière générale, l’Europe doit être un espace qui évite toute compétition sauvage à l’intérieur de ses frontières et qui soit plus forte vis-à-vis de ses concurrents à l’extérieur. L’Europe a besoin de puissance si nous ne voulons pas devenir les sous-traitants des autres. Et puis il y a le BREXIT qui est un crève-cœur pour tous ceux qui aiment l’Europe mais qui nous oblige à un sursaut collectif et à énormément de vigilance : car on ne peut quitter l’Europe et en garder les avantages.

La Présidence française du Conseil approche à grand pas (premier semestre 2022). Comment allez-vous préparer cette échéance et quelles sont les grands sujets sur lesquels vous souhaitez que notre pays se positionne ?

Il y aura d’ici 2022 un très gros travail législatif européen pour mettre en œuvre nos grandes priorités que sont le climat, la protection de la biodiversité, la transition numérique... Mais la Présidence française doit aussi être l’aboutissement d’une réflexion sur l’Europe de demain. C’est la raison pour laquelle le Parlement européen et la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ont repris notre proposition d’une Conférence pour l’avenir de l’Europe, avec des panels citoyens. Je souhaite que cette réflexion soit lancée dès cet automne, aboutisse sous notre présidence et je m’y emploierai avec ardeur !