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Jean-Baptiste Lemoyne : “Aucun pays n’a fait autant pour ses compatriotes établis à l’étranger”

9 octobre 2020 - Le Secrétaire d'Etat revient sur l'action du Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pendant la crise, les échéances électorales pour les Français de l'Étranger, mais aussi sur les projets du ministère pour faciliter les services aux usagers.

Depuis mars dernier, nous vivons une crise sanitaire mondiale sans précédent. Pouvez-vous nous dire quelle a été l’action du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE) pour venir en aide aux Français, à travers le monde ?

Disons-le clairement, aucun pays n’a fait autant pour ses compatriotes, qu’il s’agisse des ressortissants de passage ou de ceux établis durablement à l’étranger.

L’État a d’abord été au rendez-vous pour permettre aux Français bloqués à l’étranger de rentrer à la maison. 370 000 de nos compatriotes ont pu regagner la France en l’espace de seulement trois mois alors que les frontières ont toutes été fermées et les liaisons aériennes et maritimes régulières, suspendues. Ce travail remarquable a été réalisé parce qu’il y avait une volonté forte, celle du Président de la République, que nous avons mise en œuvre avec Jean-Yves Le Drian, et grâce à notre réseau diplomatique et consulaire et au centre de crise et de soutien. Les communautés de Français de l’étranger et leurs élus ont aussi joué un rôle décisif pour aider leurs compatriotes de passage dans leur circonscription consulaire à regagner la France. C’est un élan de solidarité formidable et une marque de la résilience de notre communauté nationale. C’est aussi un rappel du rôle de ces élus et de l’utilité de s’impliquer dans les élections qui déterminent l’attribution de leur mandat.

Pour les Français résidents permanents à l’étranger, nous avons aussi été là.Les consulats et les services en France ont continué à travailler en dépit de périodes de fermeture de l’accueil normal du public imposées par les autorités locales ou par des contaminations au sein des équipes. A partir du 9 mars, l’accent a été mis sur les services d’urgence et dématérialisés avec l’envoi sécurisé des passeports et l’inscription en ligne au Registre. Nous avons continué à assurer la protection consulaire des femmes et mineurs en danger, le soutien aux compatriotes en situation de vulnérabilité sociale ou sanitaire et la réponse aux demandes urgentes en matière de visas.

Tout au long de cette crise sans précédent, le service public à l’étranger a tenu bon. Nous avons, je le crois, fait vivre nos valeurs de solidarité et envoyé ce message puissant à nos compatriotes : où que vous viviez dans le monde, la patrie ne vous quitte jamais.

Pouvez-vous revenir plus en détail sur le plan de soutien du Gouvernement aux Français de l’Étranger ?

Au vu de la gravité de cette crise aussi brutale qu’inattendue, nous avons fait le choix d’un électrochoc de solidarité. C’est un plan de soutien massif de 220 millions d’euros qui a été mis en place autour de trois volets :

  • Un volet sanitaire d’abord, avec des crédits jusqu’à 20 millions d’euros pour apporter un soutien médical à nos compatriotes : télésurveillance, télémédecine, acheminement de médicaments et de matériels médicaux, rapatriements sanitaires avec des avions dédiés, une trentaine à ce jour pour des cas graves ;

  • Un volet éducatif ensuite, avec des crédits de bourses scolaires augmentées de 50 millions d’euros et des conditions d’accès aux bourses assouplies ;

  • Un volet social enfin, avec la création d’une aide exceptionnelle, dont les critères ont également été assouplis. Prévue initialement pour être ponctuelle, nous avons souhaité qu’elle puisse s’inscrire dans la durée et soit versée chaque mois jusqu’à la fin de l’année. Elle pourra venir en complément d’aides perçues localement de l’État de résidence ou d’autres sources, familiale, amicale ou associative.

Ce plan de soutien que les élus nous ont également aidés à construire, c’est une architecture vivante. Nous continuons à la déployer, à l’évaluer. Nous avons déjà adapté ces dispositifs et nous continuerons à le faire dans les mois à venir, à chaque fois que cela sera nécessaire. Il en va de même pour le plan de soutien au réseau d’enseignement français à l’étranger. Nous menons ce travail avec nos élus, notamment la députée Samantha Cazebonne.

Où en sommes-nous de la mise en œuvre de ce plan ?

Le plan de soutien des Français de l’étranger, en quelques chiffres, ce sont déjà 22 300 demandes de bourses et 102 millions d'euros engagés, 6 500 Français qui ont bénéficié de l’aide sociale COVID pour plus d’un million d’euros, 1,4 millions d'euros de subventions attribuées à 94 associations.

Autrement dit, il y a déjà des milliers de Français qui ont été aidés, protégés, et cela, c’est un résultat très concret de l’action qu’a voulu le Président Macron.

Nous continuons à travailler au service de nos compatriotes fragilisés, je pense notamment à la réponse aux appels des Français qui ont fondé ou acquis des PME ou des TPE à l’étranger.

En raison de la crise, les élections consulaires ont été reportées d’un an. Pouvez-vous nous dire ce qui va être mis en place afin de faire connaître aux Français de l’Étranger ces élections encore trop souvent inconnues ?

Les élus des Français de l’étranger ont un rôle fondamental à jouer et ils nous l’ont d’autant plus montré lors de cette crise. Les mois qui viennent, avec plusieurs rendez-vous majeurs de la vie démocratique des Français de l’étranger seront déterminants.

Parmi ces échéances, il y a en effet les élections consulaires. Elles ont été fixées aux 29 et 30 mai 2021 pour l’élection des conseillers des Français de l’Etranger. L’élection des conseillers à l’AFE se tiendra elle, les 26 et 27 juin 2021.

Nous voulons tous qu’un plus grand nombre de Français en soient informés, comprennent leurs enjeux pour leur vie quotidienne et y prennent part.

C’est pourquoi j’ai souhaité renforcer le statut, le rôle et la visibilité de leurs représentants. Ces changements ont été introduits à la faveur de la loi engagement et proximité qui s’inscrit dans le contexte des grandes réformes de ce quinquennat.

A présent, je vous encourage tous à vous mobiliser pour cette campagne et à soutenir nos candidats aux côtés des parlementaires de la majorité représentant les Français établis hors de France : Pieyre-Alexandre Anglade, Samantha Cazebonne, Anne Genetet, M’Jid El Guerrab, Alexandre Holroyd, Amélia Lakrafi, Roland Lescure, Frédéric Petit et Richard Yung.

Enfin, un des grands objectifs du MEAE est la simplification et la facilitation des relations des Français avec leur administration. Quels sont les projets à venir ?

Notre obsession c’est de rendre la vie de nos compatriotes de l’étranger plus simple, plus fluide. Plusieurs projets d’amélioration de nos services aux usagers vont se déployer.

Je pense à la plateforme centralisée de réponse téléphonique et électronique « France consulaire ». C’est sur préconisation du rapport remis au Premier ministre par la députée Anne Genetet que notre ministère développe un service d’accueil consulaire centralisé en France. Il sera joignable à tout moment par courriel et par téléphone, et accompagnera les usagers pour les informer et les aider rapidement à initier leurs démarches dématérialisées.

Je pense aussi au Registre de l’Etat Civil Electronique. C’est un projet majeur de dématérialisation des actes de l’état civil du service central d’état civil et des actes des autorités diplomatiques ou consulaires.

Ces deux projets, plateforme de réponse et registre électronique, entrent parfaitement dans le cadre de l’amélioration de la vie quotidienne des Français dans lequel le Gouvernement développe son action.

Nous mènerons également d’autres actions, notamment le déploiement de nouveaux dispositifs mobiles dans les consulats pour des tournées consulaires au plus proche des usagers et le suivi de la mission flash sur la délivrance des passeports, menée par le député Alexandre Holroyd.

Plus que jamais, je suis convaincu que ce ministère doit jouer pleinement son rôle de coordination de toutes les politiques publiques qui touchent nos compatriotes de l’étranger et que ces politiques doivent être co-construites avec des élus qui connaissent la vie de ces compatriotes et qui portent l’élan réformateur de ce quinquennat.