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Tout comprendre sur la réforme SNCF en 6 points

18 mai 2018 - Ouverture à la concurrence, statut des cheminots, dette de l'entreprise, petites lignes... Vous êtes perdus ? Pas de panique, on vous explique.

Pourquoi ouvre-t-on le transport ferroviaire à la concurrence ?

Depuis le début des années 2000, la France s’est donnée pour objectif, avec ses partenaires européens, d’ouvrir le transport ferroviaire à la concurrence pour améliorer la qualité du service du train.

Comme cela s’est passé pour la téléphonie ou le transport aérien, la concurrence a des effets positifs pour les voyageurs : plus d’offres, de nouveaux services et des prix plus bas.

  • En Allemagne, l’ouverture à la concurrence dans le secteur ferroviaire, réalisée il y a 20 ans, a permis de réduire les coûts de 25 %. Le nombre de voyageurs en train a aussi augmenté de 50 %.
  • En Italie, l’ouverture du marché des lignes à grande vitesse a permis de réduire les prix de 40 % depuis 2012.

L’Etat va t-il privatiser la SNCF ?

Non ! Le statut juridique de la SNCF change mais les titres de la nouvelle société anonyme créée sont à 100 % publics et incessibles. C’est écrit dans la loi qui a été votée par 454 députés contre 80 le 17 avril dernier.

Si l’entreprise reste publique, alors pourquoi changer le statut de l’entreprise ?

Pour préparer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, le Gouvernement doit préparer la SNCF elle-même. Aujourd’hui, la SNCF comporte 3 établissements publics à caractère industriel et commercial. Organisée en silo, elle perd en efficacité.

L’exemple typique se trouve dans les gares : ce n’est pas la même direction qui gère le grand panneau d’informations dans le hall et celui sur le quai.

Une structure unique facilitera la coopération entre les différentes équipes de la SNCF, du train et du réseau, pour rendre le meilleur service possible aux clients.

Pourquoi parle-t-on de la dette de la SNCF ?

Parce qu’avec une dette à hauteur de 46 milliards d’euros - 3 milliards en plus chaque année - l’entreprise est en danger. L’Etat réforme la SNCF pour la rendre plus efficace et compétitive, et assurer son avenir en reprenant une partie de sa dette : l’Etat va intervenir pour soutenir financièrement la SNCF.

L’Etat se désengage-t-il du transport ferroviaire ?

Au contraire ! Le Gouvernement va investir 36 milliards d’euros sur les 10 prochaines années, soit 10 millions d’euros par jour pendant 10 ans : la rénovation des lignes de train, des gares, des aiguillages etc. permet d’éviter les retards liés à l’état des infrastructures.

Ces investissements serviront notamment à rénover ce qu’on appelle les « petites lignes » et permettront d’améliorer considérablement le service public ferroviaire :

  • Depuis que les rails du RER C ont été rénovés au cours des deux dernières années, on constate deux fois moins d’incidents et deux fois moins de retards.
  • La rénovation de la ligne Brest - Quimper, qui fait 75 km, a permis de gagner en vitesse (1h15 au lieu de 1h45) tout en desservant plus de gares.

Pourquoi faut-il réformer le statut des cheminots ?

Parce que ce statut ne permet pas à la SNCF d’être prête à opérer sur un marché concurrentiel. Les études menées pour préparer cette réforme montrent que le statut contribue - avec les frais de structure - à un écart de compétitivité d’au moins 30 % par aux futurs concurrents.

Tous les cheminots sont-ils opposés à la réforme de la SNCF ?

Non. Les journées de grève mobilisent en moyenne moins de 20% des cheminots. Le gouvernement met tout en oeuvre pour que cette grève cesse, en maintenant un dialogue constant avec les organisations syndicales, en apportant des réponses précises aux inquiétudes des salariés.