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Portrait de candidats : Benoît Mathieu

18 octobre 2019 - Investi en juin 2019, ce jeune cavaillonnais fait partie de la première vague d’investiture de LaREM en vue des municipales de 2020. Benoît Mathieu, 30 ans, se lance à Cavaillon. Son objectif : ne pas laisser sa ville aux mains du Rassemblement national.

Benoît Mathieu s’est très rapidement intéressé à la politique. Alors âgé de 14 ans, l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002 et les scores élevés du parti d’extrême droite dans sa ville et son département sont une réelle claque. C’est à 16 ans qu’il prend, pour la première fois, sa carte dans un parti. Pour lui, la politique c’est « se battre pour l’intérêt général de manière totalement désintéressée ». Et c’est ce qu’il porte depuis. Il s’implique toute sa jeunesse pour sa commune. En 2004, alors qu’il est en Première, il organise une tombola dans Cavaillon afin de financer un voyage au Royaume-Uni pour les élèves issus de familles en difficulté. « Et ça marche, à tel point que nous avons pu réaliser ce voyage et donner tout ce qui nous restait à la Croix-Rouge pour aider les victimes du Tsunami en Asie du Sud-Est ».

Il étudie à Sciences Po Paris, notamment grâce à une bourse du mérite. « Je crois en la méritocratie, j’ai clairement bénéficié de l’ascenseur social qui existe dans notre pays ». Là aussi, l’engagement et la persévérance s’inscrivent dans sa vie et ses choix. Il participe à la fondation d’un syndicat au sein de cette école. « On m’avait dit que ça ne marcherait pas, mais nous avons réussi à en faire le deuxième syndicat de Sciences Po Paris en 2008 ».

Et même lorsqu’il est à plusieurs centaines de kilomètres de sa ville natale, son attachement pour Cavaillon est intact. En 2009, il créé un site internet local, qui diffuse des informations sur la vie cavaillonnaise et qui permet aux habitants d’échanger. « On est au tout début des réseaux sociaux. Avec ce site, j’ai voulu recréer du lien entre les habitants, mettre en place un lieu d’échange. Ca prend, et alors que je gérais ça seul, j’ai fini par être rejoins par différents contributeurs de la commune ».

« Je ne veux pas laisser ma ville à l'extrême-droite »

Quand on lui demande pourquoi il a décidé de se lancer dans la course des municipales, Benoit Mathieu ne réfléchit pas plus d’une seconde : « Depuis des années, je vois les scores du Rassemblement national augmenter dans ma ville. On associe souvent Cavaillon et mon département à une destinée frontiste. Je ne veux pas laisser ma ville à l’extrême droite. Je crois profondément qu’on peut proposer une alternative et porter un message différent ». La commune de Cavaillon est fortement touchée par le chômage, deux fois supérieur à la moyenne nationale. « Il y a un sentiment d’abandon parmi les habitants, alors que la ville dispose de tant d’atouts ! ». L’abstention y est également très élevée : « Je crois profondément en la démocratie participative, encore plus au niveau local. C’est l’avenir ! ». Pour le candidat, le local est l’échelon parfait pour permettre une multitude d’expérimentation en la matière. « C’est au niveau local que l’on peut être très efficace. On est proche des citoyens et on peut mettre en oeuvres différentes formes de participation directe ».

Très admiratif de Winston Churchill, le mantra de Benoit Mathieu fait écho à une des citations du célèbre Britannique : « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte ». Le jeune cavaillonnais n’a pas peur de s’engager et de mener des combats difficiles que nombreux pourraient qualifier de perdu d’avance. « Il ne faut pas avoir peur. Et parfois, il ne faut pas craindre de faire des petits sacrifices personnels pour l’intérêt général. Et c’est l’addition de tout cela qui peut faire bouger notre société ».