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« Le temps où la France propose est revenu. » - Discours d’Emmanuel Macron sur l'Europe

27 septembre 2017 - « Aujourd’hui, je prends la responsabilité de proposer, d’aller plus loin, d’oser parler d’Europe et de retrouver pour elle des mots d’affection et d’ambition. » Emmanuel Macron

« Je suis venu vous parler d’Europe. "Encore !" diront certains. Oui. Encore. »
Emmanuel Macron

Dans un discours fort sur notre projet européen, dans le grand auditorium de la Sorbonne, le président de la République a loué une Europe forte, qui protège et garantit la sécurité, qui favorise l’innovation et la croissance.

Rappeler ce qui nous lie

Face à la montée des nationalismes, face au populisme, face à celles et ceux qui voudraient faire de l'Europe la source de tous leurs maux, le président de la République a tenu a rappelé ce qu’est profondément l’Europe : une promesse de paix, de prospérité, de liberté.

Mais depuis les “non” français et néerlandais au référendum de 2005, nous avons arrêté de proposer un projet pour l’Europe. Nous n’avons plus osé parler d’Europe, alors que celle-ci est la bonne échelle pour répondre efficacement aux défis du réchauffement climatique, aux migrations, au terrorisme.

La seul voie qui assure notre avenir, c’est la refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. C’est pourquoi il faut reprendre l’initiative, et la reprendre vite.

Une Europe de la souveraineté

Une Europe souveraine, c’est une Europe qui garantit la sécurité dans toutes ses dimensions.

  • En matière de défense, le président propose de :
  • créer une force commune d’intervention européenne pour 2020, une "doctrine commune" pour agir et un budget commun d’ici la fin de la prochaine décennie ;
  • dans cette optique, il souhaite que soit mis en place au plus vite un Fonds européen de défense afin de financer des projets communs. Une coopération structurée permanente doit également permettre de le compléter par une initiative européenne d’intervention où des militaires venant de tout pays intégreront les forces armées européennes.

« La première clé, le fondement de toute communauté politique, c’est la sécurité : nous vivons en Europe un double mouvement : un désengagement progressif et inéluctable des États-Unis et un phénomène terroriste durable qui a pour projet assumé de fracturer nos sociétés libres. »
Emmanuel Macron

  • Dans la lutte, contre le terrorisme, il est proposé de :
  • créer une Académie européenne du renseignement pour "assurer le rapprochement de nos capacités de renseignement" ;
  • créer une "force commune de protection civile" notamment pour aider en cas de catastrophes naturelles ;
  • instituer un parquet européen contre la criminalité organisée et le terrorisme ;
  • de renforcer notre cybersécurité et de créer un espace de sécurité et de justice commun, dans l’optique de lutter contre le financement du terrorisme et la propagande sur Internet.
  • Face à une crise migratoire qui durera longtemps et qui est un défi majeur pour l’Europe, il nous faut “maîtriser nos frontières en préservant nos valeurs.” Le président propose de :
  • créer un Office européen de l'asile et une police européenne des frontières, "pour maîtriser efficacement nos frontières, accueillir dignement les réfugiés (...) et renvoyer rapidement ceux qui ne sont pas éligibles au droit d’asile" ;
  • accélérer et harmoniser les procédures ; mettre en place des fichiers interconnectés et des documents d’identité biométriques sécurisés ;
  • installer un programme européen de formation et d’intégration pour les réfugiés.
  • L’Europe doit être le chef de file d’une transition écologique efficace et équitable. C’est pourquoi, le président propose :
  • de favoriser les investissements dans cette transition en fixant un "juste prix" au carbone d'au moins 25 à 30 euros la tonne et par une taxe carbone européenne aux frontières de l’Europe pour assurer l’équité entre producteurs et concurrents ;
  • la mise en place d’un programme industriel de soutien aux véhicules propres et aux infrastructures nécessaires (bornes de recharge…) ;
  • d’assurer la souveraineté européenne de l’Europe en réformant la politique agricole commune (la PAC) et en mettant en place une force commune de contrôle qui assure la sécurité alimentaire des Européens.
  • L’Europe doit mener et non subir cette transformation numérique, en promouvant dans la mondialisation son modèle combinant innovation et régulation.

Pour ce faire, le président propose de :

  • créer une Agence européenne pour l’innovation de rupture, finançant en commun des champs de recherche nouveaux, comme l’intelligence artificielle, ou inexplorés ;
  • repenser les systèmes fiscaux de l’Europe et réguler les grandes plateformes.

« Je n’ai pas la zone euro honteuse. »
Emmanuel Macron

  • Pour que l’Europe assume pleinement son rôle de puissance économique et monétaire, Emmanuel Macron souhaite :
  • faire de la zone euro le coeur de la puissance économique de l’Europe dans le monde ;
  • que l’Europe se dote des instruments qui en feront une zone de croissance et de stabilité, notamment un budget qui permette de financer des investissements communs et d’assurer la stabilisation face aux chocs économiques.

Une Europe unie

  • L’enjeu aujourd’hui est de créer une solidarité concrète par la convergence sociale et fiscale. Cela passe en :
  • encourageant la convergence au sein de toute l’Union en fixant des critères qui rapprochent progressivement nos modèles sociaux et fiscaux. Le respect de ces critères doit conditionner l’accès aux fonds de solidarité européens.
  • L’Europe doit devenir le ciment de la culture et du savoir. C’est pour cela que le président propose de :
  • renforcer les échanges pour que chaque jeune Européen ait passé au moins 6 mois dans un autre pays européen et que chaque étudiant parle au moins deux langues européennes d’ici à 2024.
  • créer des Universités européennes, des réseaux d’universités qui permettent d’étudier à l’étranger et de suivre des cours dans au moins 2 langues.

Une Europe démocratique

  • Car l’Europe est peu de chose si elle n’écoute pas les peuples, l’Europe se doit d’être à la hauteur de son essence démocratique. Le président propose donc :
  • de mener des "conventions démocratiques européennes” durant 6 mois de manière à identifier les priorités, les préoccupations des européens et à nourrir notre feuille de route européenne ;
  • renforcer le Parlement européen par des listes transnationales, dès 2019, en utilisant le quota des députés britanniques partants ;
  • qu'en 2024, la moitié du Parlement européen soit élue sur ces listes transnationales ;
  • réformer ses institutions, notamment avec une Commission plus restreinte limitée à 15 membres ;
  • un nouveau traité de l’Elysée pour renforcer la coopération entre la France et Allemagne ;
  • lancer un groupe de la refondation européenne.

Le président a conclu en rappelant que ces propositions n’ont qu’une ambition : rendre l’Europe à elle-même et la rendre aux citoyens européens.

« Cette Europe qui a permis de tourner le dos à la guerre, nous devons en retrouver l’ambition. Nous n’avons qu’une responsabilité : gagner la gratitude des générations à venir, sinon nous mériterons leur mépris. »
Emmanuel Macron