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En Marche rassemble

5 août 2016 - Emmanuel Macron explique en quoi En Marche a pour objectif de rassembler tous les Français qui partagent nos valeurs au-delà des clivages et des fractures.

Au-delà des clivages ...

« Alors oui, moi, j’'ai cet engagement, mais je crois malgré tout qu’'aujourd’'hui, on le voit bien, face à ces défis qui sont les nôtres, nous devons dépasser ce clivage. Nous devons aller plus loin, non pas pour reformer un nouveau parti, je veux rassurer tout le monde, l’'idée n’'est pas de faire un parti qui soit au centre-gauche ou au centre, ou que sais-je, ce n’'est pas ça notre volonté. C’'est d’'être un mouvement qui rassemble. Parce que dans des circonstances exceptionnelles, on doit additionner les forces. Nous devons rassembler des femmes et des hommes de gauche et pleinement de gauche, de droite et pleinement de droite, du centre, et pleinement du centre, des hommes et des femmes de la société civile. Parce que nous sommes un rassemblement qui additionne les énergies. On n’'est pas là pour diviser, pour se placer, pour jouer serré, pour avancer à côté de l’'un ou de l’'autre, pour remplacer la vitalité qu’'on n’'a plus par des accords d’'appareils, ce rassemblement sera toujours différent, mais il est en marche. »

Deux France ; l’'une progressiste, l’'autre immobile.

« Ce rassemblement, c’'est le rassemblement des progressistes. Parce que les progressistes, ils ne sont pas réservés à la gauche, ni à la droite. Le progressiste, c’'est celui qui croit dans la liberté, dans un rapport à la justice, dans la société ouverte, dans l'Europe, c’'est surtout ceux qui n’'ont pas peur de voir la France telle qu’'elle est, et qui la regardent en face.

En la regardant en face, ils veulent à la fois que la France qui croit dans la mondialisation, dans l'Europe, qui réussit, cette France qui est dans les métropoles, cette France bien formée, dynamique, qu’'elle soit célébrée, qu’'on lui permette d’'avancer plus vite. Mais en même temps, c’'est aussi celles et ceux qui veulent regarder une France immobile, parce qu’'elle est au moins aussi digne. Je la connais, j’'en viens pour partie.

Une partie de ma famille a peur du monde qui change, regarde ce qui se passe avec un air un peu inquiet, qui se demande ce qui va se passer, si on saura assurer le même avenir aux enfants. C’'est un peu cette inquiétude de la gouvernante dans Saint Exupéry, elle lui dit : ne t’'éloigne pas trop loin, ne vas pas au fond du jardin. C’'est ce que me disait ma grand-mère. Elle aurait été inquiète, surtout inquiète. Mais parce qu’'il y a cette France qui a peur du déclassement, qui ne se retrouve pas dans ce monde qui va, qui habite la province, qui sent qu’'elle a peut-être un peu moins de droits qu’'hier, que le monde dans lequel elle avait construit ses repères n’'est plus là, et il faut aussi l’'entendre, il ne faut pas la mépriser. Il ne faut pas qu’'on lui explique que la solution qu’'on lui apporte, c’'est la France des start-upers. C’'est important, vous savez combien j’'y crois, mais il faut qu’'on apporte de vraies solutions aussi pour elle, il faut qu’'on lui explique qu’'il y aura des changements, mais qu’'on va dans une direction commune. »

Notre but ? « Réconcilier ces deux France » !

« Parce que notre volonté n’'est pas de leur cacher ce monde tel qu’'il va, c’'est de réconcilier ces deux France. C’'est de les remettre ensemble. Parce que, avoir deux France, c’'est contraire à la France. C’'est trahir ce que nous sommes. Et c’'est ce qui est en train de se passer. Elle se morcelle sous nos yeux. C’'est ce qui vient de se passer en Grande Bretagne il y a quelques semaines. La Grande Bretagne, tout allait bien, ça marchait beaucoup mieux que nous, elle n’'a pas parlé au pays qui avait peur, mais lui, il a parlé. Il faut toujours expliquer, respecter, proposer, pour toute la France, pour une France réconciliée. C’'est ça… la condition même de notre action. C’'est ce qui doit nous faire avancer. C’'est cela notre projet. C’'est ce qui fait notre rassemblement au-delà de nos différences. C’'est ce dont notre pays a besoin. Parce que notre rassemblement, ce n’'est pas un rassemblement pour plaire, mais pour faire, pour avancer. Ce n’'est pas pour chercher la femme ou l’'homme providentiel, c’'est de nous unir pour que chacun puisse agir, c’'est retrouver cette magnifique formule que trop considèrent comme suranée : servir notre pays, faire notre part, à chaque endroit où nous sommes. »

NB.

  • Le progressisme s’'oppose au conservatisme.
  • De manière philosophique ; l’idée de progrès est liée aux Lumières qui souhaitaient instaurer un progrès par rapport à l’'Ancien Régime.
  • Saint-Exupéry évoque ses souvenirs d’'enfance avec sa nourrice Paula dans Vol de nuit publié en 1931.