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Interview du président au Point : "La France a tout pour réussir"

31 août 2017 - « Dans ce monde de changements profonds, la France a tout pour réussir, avec un objectif : être plus forte et réduire les inégalités. »

Le président de la République a accordé un grand entretien au journal le Point. Il y revient sur ses objectifs, ses ambitions et sa vision pour le pays. Droit du travail, emploi, logement, budget, terrorisme, Europe, géopolitique, exercice du pouvoir… Emmanuel Macron explique la mise en oeuvre de son projet de transformation de la France.

  • LES 100 PREMIERS JOURS

« Les profondes transformations promises ont été engagées en matière de moralisation de notre vie politique, de lutte contre le réchauffement climatique, de redressement éducatif, de libération du marché du travail ou encore de lutte contre le terrorisme. Les cent premiers jours qui se sont écoulés sont les plus denses qui aient suivi une élection présidentielle. »

Il fixe un objectif : « nous devons redevenir un pays fier » en se débarrassant de « l’esprit de défaite qui nous habite encore trop aujourd’hui », car la destinée de la France est de retrouver son statut de « grande puissance ». « Le but n’est pas de s’adapter à la mondialisation, mais de réussir, d’être des leaders, de donner à chacun sa place ».

  • LE ROLE DU PRESIDENT “CLÉ DE VOUTE”

Emmanuel Macron revient sur sa vision du rôle du président de la République : « Par la Constitution de 1958, le président de la République n'est pas seulement un acteur de la vie politique, il en est la clé de voûte. Il est le garant des institutions. » « Le rôle du président de la République n'est pas de commenter, mais d'impulser la politique, d'incarner le sens du temps long, car c'est lui le dépositaire des engagements pris dans le cadre du programme et du suffrage universel. »

  • LES REFORMES : RECONCILIER JUSTICE SOCIALE ET EFFICACITE

« Mon souhait n'est donc pas que ce soit facile, mais efficace. » Ce qui motive les réformes est d’« en finir avec notre imposture de ces dernières années : celle d'un pays dur aux faibles mais qui se gargarise d'égalité et de fraternité, d'un pays corseté par les règles et les rentes qui se croit un pays de - liberté, d'un pays inégalitaire mais qui ne fait pas sa place au mérite, d'un pays à la fois inefficace et injuste, injuste parce qu'inefficace, inefficace parce qu'injuste. »

La réforme doit permettre de rompre avec une attitude qui consiste à « regarder la conjoncture et, dès que ça va un peu mieux, il ne faudrait plus demander d’efforts, il faudrait renoncer à transformer les choses ! Dès que ça va moins bien, en revanche, il faut lancer en urgence une réforme qui ne parvient jamais à son terme en raison justement de la dureté de la situation ».

La réforme consiste donc notamment à « simplifier drastiquement la vie des entreprises de moins de 50 salariés : les TPE-PME doivent avoir la possibilité de négocier des accords d’entreprise, y compris lorsque les syndicats ne sont pas présents, si nécessaire directement avec leurs salariés » et à mettre en place un « barème de dommages et intérêts aux prud’hommes », tout en augmentant les indemnités légales de licenciement.
Pour Emmanuel Macron « les principales victimes de l'impuissance des trente dernières années à sortir du chômage de masse, ce sont les jeunes et les moins qualifiés. »

  • UNE FISCALITÉ QUI INCITE

En matière de fiscalité, le président se prononce pour une fiscalité « qui incite à investir son argent dans les entreprises, dans l’économie réelle, celle qui crée de l’économie et des emplois », notamment en baissant progressivement l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25% d’ici la fin du quinquennat ; mais aussi une fiscalité « qui récompense mieux le travail », grâce à la baisse des cotisations salariales qui permettra un gain net de pouvoir d’achat pour tous les salariés et les indépendants dès le 1er janvier 2018. Avec la revalorisation de la prime d’activité, « l’incitation totale à revenir au travail à temps partiel sera d’environ 100 euros par mois en plus au niveau du SMIC, soit un treizième mois par an ».

  • UN INVESTISSEMENT MASSIF DANS LES COMPETENCES

Emmanuel Macron affirme sa volonté de replacer la formation au centre de la lutte contre le chômage de masse : « Je veux que l'argent dépensé dans notre pays pour la formation professionnelle le soit efficacement ; chaque salarié ou demandeur d'emploi qui entre en formation doit connaître les résultats de la formation et la qualité de l'organisme de formation qui la dispense. »
Il annonce : « Un plan d'investissement dans les compétences sera précisé d'ici à la fin du mois de septembre. […] L'objectif, c'est que 1 million de jeunes qui sont loin de l'emploi et 1 million de chômeurs peu qualifiés bénéficient d'une formation qualifiante durant ce mandat. »

Sur les contrats aidés, le président estime qu’il « s’agit trop souvent d’une perversion de la politique de l’emploi », « de la subvention déguisée vers les collectivités locales ou le secteur associatif ». La solution est plutôt à trouver dans « une vraie politique de lutte contre les discriminations, une vraie politique de formation, une vraie politique d’ouverture du marché du travail, une vraie politique d’allègement du coût du travail : c’est cela que nous faisons. »

Face à l’accusation de Jean Luc Mélenchon, celle d’ignorer les plus faibles, le président répond : « La clé, c'est de donner aux exclus du système la qualification nécessaire pour entrer dans le monde du travail. Voilà pourquoi nous allons entamer une révolution de l'éducation dès cette rentrée, puis lors de la suivante. Nous ferons en sorte que l'on arrête, par exemple, de faire croire à tout le monde que l'université est la solution pour tout le monde. »

L’opposition n’apporte aucune proposition aux sacrifiés du systèmes : « c'est quand vous réformez le marché du travail et du logement que vous faites une politique pour la jeunesse. »

  • UNE REFORME STRUCTURELLE DE LA POLITIQUE DU LOGEMENT

En matière de logements, la baisse des APL se fera seulement « dans le cadre d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers ».

Le Président n’oublie pas les étudiants et rassure : « Nous aiderons d'ailleurs dès cette rentrée les étudiants par un gel des coûts des inscriptions, des logements et de la restauration universitaire, une réforme profonde des mutuelles étudiantes et du logement étudiant pour en réduire les prix. »

  • FACE AU TERRORISME, UNE REPONSE GLOBALE

Le président explique que « notre réponse au terrorisme ne peut être que multiple, afin d'y inclure toutes ces dimensions. Elle doit être à la fois sécuritaire, économique, culturelle et éducative. » Le djihadisme s’en prend aux plus faibles, aux oubliés. « Nous devons redevenir un pays fier. Il faut expliquer [...] que chacun peut trouver une juste place dans notre société. Il faut définir ces nouveaux horizons, ces nouvelles terres de conquête, ces nouvelles formes d'engagement, pour sortir de l'esprit de défaite qui nous habite encore trop aujourd'hui, pour en finir avec la politique victimaire. »

  • EUROPE ET INTERNATIONAL : REUSSIR DANS LA MONDIALISATION

Le président confie également sa vision de l’Europe et de la place de la France sur la scène Internationale.

« L'Europe faite uniquement pour les gagnants, au sein de conclaves fermés, est terminée. On ne fera avancer l'Europe que par une adhésion démocratique, que par de la confrontation démocratique et en donnant une place aux citoyens. »

« Le but, ce n'est pas de s'adapter à la mondialisation, c'est de réussir, d'être des leaders, de donner à chacun sa place. Ce qui implique de beaucoup mieux protéger les plus faibles, non par des statuts, mais des aides adaptées, des formations pertinentes, qualifiantes, une information et un accompagnement efficaces. »

« La France doit permettre à l'Europe de devenir leader du monde libre. »

« Si ce qui est décrété impossible n'était pas possible, je ne serais pas devant vous aujourd'hui. »