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Adrien Taquet : “Le confinement ne doit pas creuser les inégalités”

1 avril 2020 - Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la Protection de l’enfance, répond à nos questions sur l’opération “Des ordis pour nos enfants” et appelle les entreprises à donner du matériel informatique aux jeunes de l’Aide sociale à l’enfance.

Plus de 10 000 enfants de l’Aide sociale à l’enfance ne disposent pas de l’équipement informatique nécessaire pour avoir accès à du contenu éducatif pendant la durée du confinement. Comment avez-vous identifié ce besoin ?

Nous savions que le confinement déclaré par le président de la République entraînerait un certain nombre de défis à relever. En particulier, les structures de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) sont souvent sous-équipées en matériel informatique permettant l’enseignement à distance. Les remontées de nos interlocuteurs de l’ASE l’ont confirmé, et nous avons donc tout fait pour agir au plus vite.

Comment fonctionne concrètement l'opération "Des ordis pour nos enfants" ?

Nous avons pu établir une cartographie de toutes les structures de l’ASE demandeuses de matériel, avec leurs coordonnées, la nature et le volume de leurs besoins. Elle est disponible sur le site “Des ordis pour nos enfants”. Ensuite, les entreprises, associations, etc. qui ont du matériel informatique à prêter ou à donner peuvent entrer directement en contact avec la structure de leur choix.

Toutes les entreprises peuvent-elles contribuer aux dons ? Les particuliers aussi ?

Bien sûr. Toutes les entreprises, les associations ou les particuliers qui souhaitent participer le peuvent. Chacun peut se mettre directement en contact avec les structures les plus proches, facilement identifiables sur le site. Vous êtes vivement encouragés à le faire !

« La demande est forte : il nous faut plus de 10 000 ordinateurs, nous sommes preneurs de toute donation possible. »
Adrien Taquet, secrétaire d'Etat chargé
de la Protection de l’enfance

Avez-vous déjà reçu des réponses et du matériel d'entreprises ?

Oui, nous avons pu obtenir l’aide de différents constructeurs (Microsoft, Acer), fondations (Fondation AG2R, Centre Français des Fonds et Fondations) et associations (Emmaüs Connect, différentes associations de reconditionnement informatique sur tout le territoire). Tous nous aident à répondre aux besoins des enfants de l’ASE. Mais la demande est forte : il nous faut plus de 10 000 ordinateurs, nous sommes preneurs de toute donation possible.

D'une manière plus globale, comment s'organise l'Aide sociale à l'enfance pendant cette crise sanitaire inédite ?

Je suis en lien continu avec les présidents des conseils départementaux qui ont la responsabilité des structures de l’ASE sur leur département. Nous échangeons régulièrement afin de connaître leurs besoins. De même je fais un point hebdomadaire avec les fédérations et les associations de la protection de l’enfance afin de les tenir au courant des dispositifs mis en place par le Gouvernement pour la protection de l’enfance et prendre note de leurs remarques et des besoins du terrain.

« Les jeunes de l’ASE sont déjà dans des situations sensibles.
Il ne faut pas que le confinement creuse ces inégalités. »
Adrien Taquet, secrétaire d'Etat chargé
de la Protection de l’enfance

De nombreuses mesures ont déjà été mises en place grâce à un profond travail interministériel. En plus de la mise en place de la distribution d’ordinateurs avec Cédric O, secrétaire d’Etat chargé du Numérique, nous avons lancé, avec la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, Christelle Dubos, une réserve sociale à destination des étudiants en travail social. Cette réserve vise la mobilisation des étudiants en travail social volontaires pour prêter main forte aux établissements sociaux et médico-sociaux dont les établissements de protection de l’enfance font pleinement partie. Par ailleurs, Avec Roxana Maracineanu, ministre des Sports, nous avons fortement incité à la mobilisation des 200 000 éducateurs sportifs qui constituent une ressource auprès des jeunes.

Les enfants et jeunes de l’ASE sont déjà dans des situations sensibles. Il ne faut pas que le confinement creuse ces inégalités. Nous nous agissons quotidiennement, sans relâche, pour éviter cela.