Retrouvez cet article sur en-marche.fr

3 questions à... Agnès Buzyn

3 juillet 2019 - La ministre des Santés et de la Solidarité, Agnès Buzyn, a répondu à nos questions sur les avancées du Gouvernement durant les deux dernières années et sur les prochains chantiers à venir.

Comment accompagner les millions de personnes qui ont la charge quotidienne de proches âgés ou en situation de handicap ?

Entre 8 et 11 millions de personnes, soit un Français sur sept, soutiennent au quotidien leurs proches vivant à domicile et en perte d’autonomie. Ce nombre ira croissant dans les années à venir, avec trois fois plus de personnes de plus de 85 ans en 2050. De nombreuses enquêtes soulignent les conséquences du rôle d’aidant concernant la santé de ces personnes et le développement de maladies chroniques. Le risque de voir s’engager un cercle vicieux dans lequel la population des aidants se trouverait elle-même fragilisée est donc fort. Nous porterons ainsi un plan de mobilisation en association forte avec les parlementaires et les associations.

Quels engagements avez-vous pris pour améliorer les conditions de travail des personnels des métiers du grand âge?

Nous allons nous engager cette année dans la voie d’une réforme historique et attendue pour la prise en charge des personnes âgées, avec pour objectif de poser les bases du système de demain tout en répondant aux urgences d’aujourd’hui. Environ 830 000 personnes travaillent actuellement auprès des personnes âgées en perte d’autonomie. Du fait de la seule évolution démographique, ce nombre devrait augmenter d’environ 20 % d’ici 2030. Aujourd’hui, les structures peinent à recruter et à fidéliser leur personnel. Il m’apparaît urgent de restaurer l’attractivité des métiers du grand âge, en donnant une priorité à l’amélioration des conditions d’exercice.

A quoi ressemblera la formation d’un étudiant qui souhaite devenir médecin?

Nous voulons augmenter le nombre de médecins sur nos territoires et diversifier les profils. Nous supprimons le numerus clausus, créons des passerelles pour accéder aux études médicales en 2e et 3e année, et changeons les examens qui clôturent le 2e cycle des études, l’ECN. Nous voulons aussi que le mode de sélection s’adapte aux besoins des territoires et de leurs populations: il faut parfois plus de certaines spécialités dans une région et moins dans une autre. Enfin, la formation des professionnels de santé sera plus transversale pour que, dès leurs études, les jeunes futurs professionnels acquièrent l’habitude de travailler ensemble, médecins, infir- mières, kinés, sages-femmes...