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Ségur de la Santé : nous devons répondre à la crise “par des choix forts, rapides et assumés”

25 mai 2020 - En ouverture du Ségur de la Santé, le Premier ministre a annoncé des choix forts, rapides et assumés pour l’avenir de l'hôpital et la transformation de notre système de santé.

“On ne répondra pas à la crise que nous vivons par des demi-mesures, mais par des choix forts, rapides et assumés”, a annoncé le Premier ministre ce lundi 25 mai pour le lancement d’une consultation des acteurs de la santé et du grand âge. L’objectif est de construire collectivement l’avenir de l'hôpital et de la réorganisation du système de soins. La concertation débouchera sur des décisions en juillet.

Depuis 3 ans, le Gouvernement a établi un diagnostic pour remédier aux problèmes structurels du système de santé de ces dernières décennies et a fixé un cap pour le transformer en profondeur, via la stratégie Ma Santé 2022 et le plan d’urgence pour l’hôpital.

Un travail qui avait permis notamment l’augmentation des tarifs hospitaliers pour la première fois depuis 10 ans, ou encore le renforcement du budget des EHPAD. La création des communautés professionnelles de territoires de santé (CPTS) a également favorisé la mutualisation des missions et des compétences en médecine de ville.

« La crise n’impose pas de changer de cap mais nécessite de changer de rythme. »
Édouard Philippe, Premier ministre, le 25 mai 2020

Aujourd’hui, la crise que nous vivons est un révélateur et un accélérateur. Le Premier ministre a rappelé la mobilisation exceptionnelle de l’ensemble du système de santé ; un effort individuel mais aussi un dépassement collectif. “Le système de santé français a été remarquable, il a tenu.”

Pendant cette crise, les obstacles, notamment administratifs, ont pu être levés. Il s’agit là d’un “choc de simplification”, qu’il faudra poursuivre.

Enfin, la crise a relevé une organisation territoriale éminente. Sous l’impulsion des agences régionales de santé, chacun s’est organisé pour prendre en charge des patients, les acteurs privés comme publics (déprogrammation des soins, création de places, suivis des patients…). Des liens se sont tissés en quelques semaines.

Le Premier ministre a également reconnu les difficultés, “que nous devons identifier, comprendre et corriger. Mais les Français peuvent être fiers de leur système de santé qui s’appuie sur des acteurs aux statuts différents mais qui réussissent à travailler ensemble”.

Les cinq enjeux du Ségur de la Santé

La reconnaissance aux personnels soignants. Le Premier ministre a confirmé une revalorisation significative des salaires pour les soignants. Mais il s’agit également de travailler à des plans de carrière, de formations et au développement des compétences et des parcours professionnels à l’hôpital et dans les EHPAD. Dans ce cadre, “la question du temps de travail n’est pas tabou”, a annoncé Édouard Philippe, tout comme celle du statut de médecin à l’hôpital.

L’investissement massif. Il s’agira de réfléchir à la mise en oeuvre d’un plan d’aide à l'investissement pour compléter la reprise de la dette mais aussi d'accélérer les investissements dans les territoires et la recherche. La concertation permettra également de revoir les modalités de financement de l'hôpital.

L’agilité retrouvée. L’objectif est de lever les freins à la réforme du système de santé et que les acteurs du secteur se saisissent de cette réforme : simplification des procédures, changement des usages ou encore modification de la gouvernance.

L’organisation territoriale. Comme l’a indiqué le Premier ministre, des dynamiques nouvelles ont émergé dans les territoires pendant la crise. Il faudra s’appuyer sur celles-ici et identifier les meilleures pratiques grâce aux retours d’expérience.

La transition numérique. La crise a notamment à la télémédecine de se généraliser. La concertation permettra donc de voir comment pérenniser ce dispositif mais aussi d’accélérer la mise en place l’espace numérique de santé qui était à l’origine prévue pour 2022.

« Pour un système de santé plus robuste, plus juste et plus efficace.»
Édouard Philippe, Premier ministre, le 25 mai 2020

Ces cinq enjeux sont des propositions et n’ont pas vocation à limiter les échanges, a conclu Édouard Philippe laissant les cartes en main aux représentants du secteur. Les décisions issues de cette concertation seront présentées au mois de juillet.