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Ma Santé 2022 : « Restructurer le système pour les 50 années à venir »

13 novembre 2019 - Soixante ans après la dernière grande réorganisation de notre système hospitalier, le Président de la République Emmanuel Macron a présenté le 18 septembre 2018, à l’Elysée, le plan « Ma Santé 2022 ».

Le 18 septembre 2018, Emmanuel Macron a présenté à l’Elysée le plan « Ma Santé 2022 ». Au total, ce sont 54 mesures, concernant aussi bien les médecins libéraux que le personnel hospitalier, qui devraient être mise en place d’ici la fin du quinquennat.

Des conditions de travail qui se détériorent pour les professionnels de santé, une prise en charge du patient qui perd en qualité au profit de la quantité, une offre de soin aujourd’hui inadaptée à une population qui vit plus longtemps… « Nous vivons les conséquences aujourd’hui de décisions prises il y a 20 ou 30 ans » constate Emmanuel Macron. Des faits qui ont poussé le Président de la République et la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, à agir avec un objectif ambitieux : « restructurer notre système de santé pour les 50 années à venir ».

Pour y parvenir, une cinquantaine de mesures devraient être mises en place d’ici à la fin du quinquennat et notamment :

  • La fin du numerus clausus. Le redouté concours de fin de première année de médecine ne sera plus dès 2020. La formation restera évidemment sélective mais elle veut s’offrir à des profils plus variés et favoriser les passerelles entre les filières. Une décision prise pour éviter un « gâchis qui concerne 25 000 étudiants chaque année » et alors que le pays manque de soignants.

  • La création de 4000 postes d’assistants médicaux. Ici, l’objectif est de « décharger les médecins d’actes qui peuvent être faits par d’autres » et ainsi de leur faire gagner 15 à 20% de temps médical. Prise de rendez-vous, constitution du dossier du patient mais aussi prise de tension ou vérification des vaccinations… La formation à ce nouveau métier devrait durer au maximum 1 an et pourra être effectuée directement après le Bac. L’Etat prendra en charge sous conditions une partie du salaire de ces assistants médicaux afin d’inciter les cabinets à recruter.

  • La création de « Communautés Professionnelles Territoriales de Santé ». Avec cette mesure, le Gouvernement veut obliger les médecins libéraux à s’organiser et ainsi assurer une permanence des soins jusqu’à 20H en semaine. Une mesure qui devrait aider au désengorgement des urgences hospitalières notamment.

  • La labellisation de 500 à 600 hôpitaux, du secteur public mais aussi privé, selon 3 niveaux : les soins de proximité (gériatrie, médecine, soins non programmés, réadaptation), les soins spécialisés (maternité et la chirurgie) et les soins ultra-spécialisés. Un changement qui devrait redéfinir complétement l’offre de soins sur le territoire mais aussi en augmenter la qualité.

  • La salarisation de 400 médecins généralistes à exercice partagé ville/hôpital dans des centres hospitaliers de proximité ou dans des centres de santé situés dans des déserts médicaux.

  • Le déploiement de nouveaux outils numériques, pour mieux coordonner les différents acteurs de notre système de santé et assurer au patient un suivi précis. La prise de rendez-vous en ligne devrait notamment être systématisée.

Au total, ce seront 3,4 milliards d’euros qui seront alloués à la mise en place de ce plan Santé. Un projet initialement non prévu dans le programme du candidat Macron mais qui s’inscrit pleinement dans la volonté du Gouvernement de continuer à réformer le modèle social français.