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Pourquoi l’issue du procès Monsanto nous rappelle qu’il faut en finir avec le glyphosate

16 août 2018 - L’entreprise Monsanto a été condamnée à verser près de 290 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer qu’il attribue à l’utilisation d’un produit contenant du glyphosate. Cette décision réaffirme la nécessité d’en finir avec le glyphosate.

C’est historique : pour la première fois, un tribunal reconnaît une relation entre exposition au glyphosate et développement d’un cancer, et par là, que ce produit est dangereux. Suite à cette sanction, l’entreprise a annoncé vouloir faire appel, alors que des milliers d’autres personnes poursuivent Monsanto pour des plaintes similaires.

Le glyphosate : qu’est-ce que c’est ?

Le glyphosate est un principe actif contenu dans un puissant désherbant inventé par l’entreprise Monsanto dans les années 1970, vendu sous le nom de “Roundup”. Désormais dans le domaine public, il est commercialisé par de nombreuses entreprises et est l’herbicide le plus vendu au monde.

Au delà des effets sur notre santé, le glyphosate est un produit nocif pour l’environnement, en réduisant la biodiversité : en tant que désherbant, le glyphosate élimine les mauvaises herbes dont raffolent les abeilles. Moins de mauvaises herbes veut dire moins de pollinisation ce qui présente donc une menace pour la biodiversité et l’environnement.

Un plan de sortie en France



Emmanuel Macron s’est engagé à sortir du glyphosate d’ici 2021. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Stéphane Travert ont présenté le 22 juin un plan de sortie du glyphosate afin d’effectuer une transition progressive et durable vers l’agro-écologie.

Le Gouvernement s’est accordé sur un délai de 3 ans car il n’est pas possible d’imposer aux agriculteurs une sortie immédiate : c’est un changement très important de leur pratiques et de leur modèle agricole, qui ne peut être réalisé immédiatement. C’est pourquoi ce plan de sortie part du principe que pour accompagner les agriculteurs dans cette démarche, il faut les informer des alternatives existantes et travailler ensemble au développement de nouvelles alternatives. Toutefois, si les avancées ne sont pas assez rapides, nous soutiendrons une inscription de l’interdiction du glyphosate.



Ce plan est fondé sur l’engagement et la bonne coordination des acteurs du privé et du public et s’organise autour de cinq points (pour en savoir plus sur ce plan de sortie, retrouvez notre article).

  1. Le suivi par les parlementaires et les citoyens des quantités de produits vendus et contenant du glyphosate dans une démarche de transparence.

  2. La création d’un centre recensant pour l’ensemble de la profession agricole les moyens pour sortir du glyphosate.

  3. Le renforcement des actions d’accompagnement en trouvant de nouvelles alternatives aux produits qui n’en ont pas encore.

  4. La mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture et de l’enseignement agricole afin de promouvoir les alternatives au glyphosate.

  5. La promotion à l’échelle européenne une sortie rapide du glyphosate en partageant avec les pays européens volontaires notre action.

Enfin, dans le cadre du projet de loi Agriculture et Alimentation, le Gouvernement souhaite séparer les activités de conseil aux agriculteurs et de vente des produits phytosanitaires (comme le glyphosate) dans le but d’éviter les conflits d’intérêts et de favoriser les activités de conseil plus responsables pour notre santé et l’environnement.

Cette décision de sortir du glyphosate d’ici 3 ans est une première à l’échelle européenne et internationale. La décision du tribunal de Californie va dans ce sens, il faut la voir comme un point de départ pour appliquer le principe de précaution et en finir avec le glyphosate.