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Politique de la ville : remettre la République au coeur de nos quartiers

14 novembre 2017 - Promouvoir les réussites des habitants, lutter contre les discriminations, favoriser l’insertion par l’emploi et poursuivre la rénovation urbaine : le président de la République s’exprimait aujourd’hui sur son projet pour la politique de la ville.

C’est la première fois du quinquennat que le chef de l’État aborde la question de la politique de la ville, il était hier en déplacement à Clichy-sous-bois avant de partir pour Roubaix et Tourcoing.

Quarante ans de la politique de la ville. Quarante ans où beaucoup de choses ont été faites, sans pour autant que les choses changent complètement dans ces quartiers. Quarante ans de réussites tels que les plans de rénovation urbaine. Mais aussi quarante ans d’échecs avec une pauvreté et une exclusion sociale toujours présente faisant de notre pays une terre fracturée.

Comment nous satisfaire de la situation actuelle ?

Les quartiers de la politique de la ville représentent les 1 514 quartiers les plus pauvres de France, habités par plus de 5 millions de personnes. Dans ces territoires, le chômage atteint 25%, cela est 2,5 fois plus élevé que la moyenne dans le reste de notre pays. Le taux de pauvreté peut y atteindre jusqu’à 40%.

Les habitants de ces quartiers sont confrontés à de grosses difficultés pour accéder à un emploi, aux services publics, aux médecins, aux logements. 17% d’entre eux s’estiment victimes de discriminations en raison de leurs origines.



Beaucoup d’hommes politiques, de chefs d’État sont venus dans ce que l’on a coutume d’appeler “les territoires perdus de la République”, ils ont accumulé des promesses, promis que tout irait bien. Pour quel résultat ? Il s’agit aujourd’hui de parler de mesures concrètes qui amélioreront réellement le quotidien de ces habitants.

« Il y a besoin de coconstruire les solutions. L’idée que je me fais des habitants des quartiers les plus en difficulté, c’est que ce sont des enfants de la République, c’est qu’ils ont le droit à la même réussite que les autres, c’est qu’ils ne me demandent pas d’ailleurs de l’aide, des subventions, des contrats de seconde zone, des dispositifs spécifiques : ils veulent que je leur donne la possibilité d’accéder à la même chose que les autres. »
Emmanuel Macron, le 14 novembre 2017.

C’est pour cela que le président de la République a exposé un “plan de bataille clair” nécessitant la mobilisation de toute la nation pour ces villes et pour ces quartiers.


Ramener le droit commun dans les quartiers afin que chacun ait accès aux mêmes services

- Rétablir l’effectivité des droits

Les subventions aux associations seront sanctuarisées afin de garantir l’accès aux services publics, à la santé, au logement, rétablir la dignité en luttant contre la pauvreté, garantir la sécurité.

- Rapprocher la police des citoyens des quartiers

  • Expérimentée dans certains quartiers, la police de sécurité du quotidien sera réintroduite dans les quartiers prioritaires. Cette police permet construire une relation dans la durée, une forme d’accompagnement avec un rapport à l’autorité et à l’ordre public.

  • Les quartiers sensibles seront concernés en priorité par le recrutements de 10 000 postes de policiers.

  • Il sera désormais possible d’éloigner du territoire, pendant une période donnée, des jeunes auteurs de nuisances.

  • Là où « la radicalisation s’est installée et a touché plusieurs milliers de nos jeunes ou de nos moins jeunes, elle doit nous conduire aussi à nous remettre en question, de manière indispensable. » Dans certains territoires, la République a démissionné. La mission de l’État y sera double : rétablir chacun des pans de nos politiques publiques mais, dans le même temps, d’avoir une politique profondément exigeante, rigoureuse et parfois autoritaire, de fermeture des structures inacceptables. D’ici début 2018, une quinzaine de plans de lutte contre la radicalisation seront mis en place.



Garantir la dignité de chacun

  • Lutter contre la pauvreté

Alors qu’elle avait fortement diminué entre les années 1970 et les années 1990, la pauvreté augmente de nouveau en France. En dix ans, un million de personnes supplémentaires sont tombées dans la pauvreté. Aujourd’hui, c’est 40% des citoyens de ces quartiers qui vivent sous le seuil de pauvreté.


  • Lutter contre les discriminations

Il est encore compliqué de trouver un emploi lorsque l’on a un nom à consonance africaine ou maghrébine. Pour lutter contre les discriminations sur le nom, l'adresse ou l'origine, Emmanuel Macron « souhaite étendre les mesures de testing » des entreprises privées avec une publication des résultats, selon le principe du « name and shame ».


Donner accès à la République :

- Éducation : rétablir la promesse républicaine



  • La division par deux de la taille des classes de CP et CE1 en zones REP et REP+ sera étendue ;
  • La politique “Devoirs faits”, mise en place il y a quelque jour vise à ce que les élèves, qui n’ont pas forcément le meilleur environnement une fois rentrés à la maison pour faire leurs devoirs, puissent les terminer à l’école ;
  • Les élèves cherchant un stage lors de leur 3e seront accompagnés par les proviseurs de leur collège ;
  • Les internats d’excellence seront développés dans les zones sensibles ;
  • Les classes bilangues dans les collèges des quartiers seront maintenues.

- Emploi : la clé de l’émancipation

« Que ceux qui défendent les contrats aidés les prennent ! Ils n’en voudraient pas pour eux-mêmes ! »
Emmanuel Macron, le 14 novembre 2017.
  • Un contrat aidé est un contrat à court terme subventionné par l’État. Le contrat aidé joue sur le court-terme : sans formation, ni qualifications au bout et sans certification de reconduction.


Le Gouvernement a décidé d’investir massivement dans les compétences : 15 milliards d’euros seront en effet consacrés à la formation. C’est une vision de long-terme, former les chômeurs, leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences et non pas accumuler des contrats sans avenir pour endiguer, enfin, le chômage de masse qui mine notre pays depuis bien trop longtemps.


  • Favoriser l’accès à l’entreprenariat dans les quartiers : l’Agence France Entrepreneur va « devenir une véritable banque publique d'investissement pour les entrepreneurs des quartiers. »

Le programme French Tech Diversité permet à des entrepreneurs issus des quartiers de politique d’être financé pendant un an dans un incubateur French Tech et de bénéficier d’une aide directe de 45.000 euros.