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Se faire vacciner : une affaire de santé publique

29 septembre 2017 - Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté cette semaine acte le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Explications.

À ce jour, seuls 3 vaccins sont obligatoires : la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Tous les bébés nés à partir du 1er janvier 2018 devront désormais être également vaccinés contre : la coqueluche, la rougeole-oreillons-rubéole (ROR), l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, la pneumocoque et la méningocoque C.

Pourquoi se faire vacciner ?

Dans le pays de Louis Pasteur, comment accepter de voir encore des enfants mourir de la rougeole ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 134 cas de rougeole étaient recensés en France au premier trimestre 2017 ;
  • depuis 2008, plus de 10 enfants sont morts de la rougeole ;
  • aujourd’hui, le vaccin contre cette maladie (le ROR) n’est pas obligatoire mais seulement recommandé. Les parents ont le choix de vacciner, ou non, leur enfant : 78% des parents ont choisi de le faire.

Le risque ne relève pas uniquement de la sphère privée. Ne pas être vacciné, c’est potentiellement transporter un virus sans le savoir et contaminer d’autres personnes : il s’agit donc bien d’une problématique de santé publique.

Idée reçue : « On a quand même l’impression que ce n’est pas très utile… »

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les vaccins sauvent 2 à 3 millions de vies par an.

Qui croirait qu’il y a cinquante ans, on comptait annuellement 3 000 décès par diphtérie et 200 décès d’enfants par poliomyélite en France ? Le tétanos tuait également plus de 1 000 personnes par an.

Grâce à la vaccination, des maladies entières ont aussi été éliminées, comme la variole.

Les enjeux :

  • Une couverture vaccinale très élevée est primordiale : à partir de 95% de personnes protégées, la maladie ne peut pas se propager. Il s’agit donc de réduire considérablement les risques d’infection, d’hospitalisation et de décès.
  • Cela permettra également de protéger les enfants les plus vulnérables, parfois insensibles aux vaccins, et qui sont directement mis en danger par de plus faibles taux de vaccination.
  • La vaccination est aussi une forme de prévention. À ce titre, elle est une source d’économies, grâce à la réduction de l’occurrence des maladies, du nombre d’hospitalisations, d’invalidités etc.

Qui sera concerné par cette mesure ?

  • Seuls les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 seront concernés par cette obligation ;
  • L’enfant ne sera pas admis en collectivité - crèche, école, garderie etc. - s’il n’est pas entièrement vacciné ;
  • Les parents auront du temps pour s’adapter : les premières vérifications ne seront faites qu’à partir du 1er juin 2018.

Et concrètement ?

Aujourd’hui, si les 8 autres seront rendus obligatoires, ils sont déjà "fortement recommandés", sûrs et utilisés depuis longtemps : Entre 70 et 91% des enfants reçoivent déjà les injections nécessaires aux 8 vaccins obligatoires. La distinction entre vaccins obligatoires et vaccins recommandés était déjà théorique depuis quelques années en France. Il s’agit simplement d’acter cela en la supprimant.

Les doses des onze vaccins seront administrées par 10 injections réparties entre la naissance du bébé et ses 18 mois. La qualité, la sécurité et l’efficacité de ces vaccins sont validées par les autorités françaises et européennes.

La vaccination sera toujours prise en charge par la Sécurité sociale (à 65%) et par les complémentaires santé (à 35%). Cela ne changera pas. Pour le vaccin contre la rougeole (ROR), l’Assurance maladie le prend en charge à 100% pour les mineurs.

Les parents récalcitrants ne seront plus sanctionnés pour défaut de vaccination alors qu’actuellement, le Code de la santé publique prévoit jusqu’à 6 mois de prison et 3.750 euros d’amende en pareil cas.

L’obligation de protection des enfants sera quant à elle maintenue, avec des sanctions pénales allant jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Concrètement, un enfant non vacciné petit et souffrant de handicap par cette faute aurait “légalement le droit de mettre en cause pénalement ses parents.”


La vaccination, c’est l’affaire de tous. Elle protège les plus fragiles, y compris ceux sur lesquels les vaccins n’ont pas d’effet : leur protection dépend alors de la plus large couverture vaccinale possible.
Se faire vacciner est une affaire de santé publique : c’est indispensable pour vous, comme pour les autres.