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Discours de Philippe Grangeon au Conseil de La République En Marche !

1 décembre 2018 - Retrouvez le discours de Philippe Grangeon, Délégué général par intérim, au troisième Conseil de La République En Marche ! le 1er décembre 2018 au Pavillon Baltard.


Madame la Présidente de notre Conseil ce jour, chère Sophie
Chers membres du Conseil,
Chers marcheuses et chers marcheurs,
Et, bien sûr très cher Stanislas,

Au nom de l’ensemble du Conseil, je t’adresse toutes mes félicitations pour ton élection comme délégué général de La République en Marche. Je suis heureux, très heureux, de te transmettre les rênes de notre mouvement. J’ai confiance, confiance en ta capacité à l’incarner et à le conduire. Nous savons tous ici combien tu es un marcheur passionné, un parlementaire exigeant. Nous savons tous combien tu as le sens du collectif et de l’organisation. Nous savons tous que tu défendras la majorité, riposteras aux oppositions mais aussi que tu seras toujours être un aiguillon utile et le gardien scrupuleux de l’espoir et de la confiance soulevée au printemps 2017. Sache, Stan, que tu peux évidemment compter sur moi, sur l’ensemble de ce Conseil pour t’aider dans cette belle et noble tâche.

Merci aussi à toi, Joachim, pour l’envie et l’enthousiasme qui te caractérisent.

Tous deux, vous avez mené une campagne à la fois déterminée, pleine d’idées et de propositions, et toujours , toujours dans un état d’esprit constructif. Tous les deux, vous êtes allés sur le terrain, à la rencontre des marcheuses et des marcheurs qui font vivre La République En Marche au quotidien et qui nous ont inspiré, par leurs questions et leurs propositions, vos professions de foi.

Je pense aussi à celles et ceux qui n’ont pas su réunir les parrainages nécessaires. Et je le dis sans démagogie, nous devrons sans doute, réfléchir à assouplir nos règles à l’avenir pour pouvoir se porter candidat. Mais vous avez tous un point commun, vous êtes des marcheuses et des marcheurs profondément sincères, toujours infatigables au service de notre mouvement.

Un mot pour toi, cher Pierre. Chacun le sait ici, tu as décidé de ne pas te porter candidat. Tu l’as dit avec cette belle formule, qui te ressemble, qui nous ressemble tant « il n’y a pas de destin individuel, il n’y a que des réussites collectives ». C’est un acte fort, Pierre, et courageux qui illustre bien ton sens des responsabilités. Tu es et tu resteras un dirigeant de 1er plan de notre mouvement. Je te l’ai souvent dit, Pierre, on a besoin de toi.

Lorsque le bureau exécutif m’a fait confiance en m’élisant délégué général par intérim. J’ai dit alors que le sens du collectif, le rassemblement et l’unité seraient les boussoles de mon action - avec un objectif, s’interroger sur notre structuration, notre développement, notre identité. Bref, répondre à la question : comment être une pierre angulaire de la majorité présidentielle et de la réussite du quinquennat ? Ces 6 semaines ont permis - je crois - d’atteindre ce but. Nous avons fait la démonstration de notre maturité politique. Ce furent 6 semaines utiles.

Et si vous me permettez un mot plus personnel, je veux dire l’immense plaisir et la fierté que j’ai eu à conduire notre beau mouvement, à vivre, pendant 41 jours, cette véritable aventure humaine avec le Bureau Exécutif, avec les groupes parlementaires, avec les référents aux quatre coins du pays et bien sûr avec les permanents au siège. Car c’est cela La République en Marche, des femmes et des hommes qui ne comptent pas leur temps. La République En Marche, ce sont des engagés.

Mais d’abord, mes amis, comment ne pas évoquer le mouvement, qui depuis 3 semaines, se développe dans notre pays. Personne ne peut y être insensible. Non, personne ne peut être insensible au cri de colère, j’allais dire de désespoir, à la souffrance profonde exprimée par nos concitoyens. Surtout pas nous. Surtout pas La République En Marche.

Spontanément, vous êtes allés à la rencontre des gilets jaunes, sur les routes, sur les ronds-points, sur les barrages. Vous êtes allés écouter, défendre vos convictions, parfois vous faire rabrouer, quelque fois menacer. Mais vous n’avez jamais fui. Car dialoguer, défendre nos idées, notre politique – hier, aujourd’hui et demain, c’est aussi ça La République En Marche.

Ce mouvement nous dit beaucoup. Il est parfois contradictoire, souvent dur à notre égard. Mais mes amis, il a sa part de vérité. Que disent nos concitoyens en colère ? Ils nous disent qu’ils n’arrivent pas à vivre de leur travail. Qu’à la fin du mois, lorsqu’ils ont payé le loyer, l’électricité, le gaz, les courses, les vêtements des enfants, il leur reste si peu. Ils nous disent qu’ils sont inquiets, inquiets pour l’avenir. Pire, qu’ils n’ont pas d’avenir. Ils nous disent que la promesse républicaine qui voulait que les générations suivantes vivent mieux que les précédentes est un lointain souvenir. Évidemment, évidemment, nous ne sommes pas responsables de tout. Cela fait 30 ans que les politiques ont échoué. Mais aujourd’hui, nous sommes au gouvernement. Nous sommes en responsabilité. Nous dirigeons la France donc c’est notre affaire. Nous ne pouvons pas nous dérober. Alors ce cri de désespoir, c’est aussi l’expression d’un appel à l’aide. Nous devons l’entendre comme tel et y répondre. Pas par de la compassion mais par de la considération. Nous devons surtout lui trouver un débouché politique.

Mes amis, personne ne veut passer en force car il reste toujours des traces et des rancunes. C’est pourquoi le Président de la République a demandé au Premier Ministre, à Édouard Philippe, de lancer un grand débat public, écologique, social, populaire, pour les 3 mois à venir. Pas dans les palais parisiens, non, au plus près du terrain. Les temps sont rudes, c’est vrai. Aujourd’hui, on nous critique, on nous accable. Parfois avec beaucoup de mauvaise foi et souvent en embuscade, avec chez certains des arrière-pensées politiques. Comme si nous n’étions pas légitimes, comme si nous n’avions jamais été choisi par les Français.

N’ayons pas peur de la confrontation. Il est toujours sain que les corps intermédiaires, les contre-pouvoirs, fassent valoir leur point de vue et leurs droits. Il peut certes y avoir de farouches opposants mais ce ne sont jamais des ennemis et c’est cet état d’esprit qui doit toujours prévaloir.

Vous l’avez compris, nous vivons un moment de vérité car cette confrontation, avec des citoyens, qui doutent et qui s’opposent, est toujours un moment de vérité. Il est crucial que la grande concertation publique, qui démarre, permette de construire les bons compromis, les compromis nécessaires pour que l’on fasse à chaud, la démonstration que la République contractuelle, appelée de ses vœux par Emmanuel Macron, ça marche !

Les transformations génèrent par essence des inquiétudes et des résistances. Pour les mener à bien, il faut toujours entraîner, toujours rassembler, toujours mettre en responsabilité les acteurs concernés. C’est la condition pour créer de la confiance. Et sans confiance, pas de transformation possible. Et cette confiance, il faut la retrouver. Nous avons encore de grandes réformes à mener. Je pense, pour en citer quelques-unes, à la réforme des retraites à celle des institutions, à la révision de la loi de bioéthique, ou encore à la mise en place du service national universel.

Mais, à travers toutes ces transformations, ce qui compte, c’est de donner une vision et de faire partager un projet de société auquel nous aspirons.   Ce qui nous rassemble ici, quels que soient nos parcours, nos sensibilités, ce sont des valeurs et des grandes causes communes : le progrès, le parti pris de la solidarité, la parité, l’environnement, l’Europe. Et puis il y a ces combats qui fondamentalement nous unissent : c’est le combat contre les inégalités de destin dès l’école. C’est le combat pour le travail. C’est le combat pour la prise de risque et contre la rente. C’est tout cela que nous portons et que nous allons défendre dans la période qui s’ouvre. Et je sais que grâce à vous, La République En Marche y prendra toute sa part.

Pardonnez-moi maintenant, quelques instants, de m’extraire de l’urgence de l’actualité mais c’est aussi mon rôle de transmission. Alors, quels sont les principaux défis pour la REM? Depuis 6 semaines, j’ai les yeux rivés sur le nombre d’adhésions. Nous sommes aujourd’hui plus de 400 000. Chaque jour depuis la création du mouvement, en dehors du moment où Nicolas Hulot a démissionné, nous avons compté toujours plus d’adhésions que de désadhésions. Y compris ces trois dernières semaines. Nos adhérents sont plus jeunes que dans les autres formations, diplômés, souvent des cadres. Si nous devons évidemment fidéliser ce socle, il est trop étroit, il est impératif de l’élargir, en allant convaincre les milieux plus populaires de nous rejoindre.

Bien-sûr, nous sommes un mouvement jeune, qui se cherche encore et qui a des progrès à faire. Nous devons, toujours, faire preuve d’humilité. Et si nous sommes la première force politique du pays, nous devons toujours garder l’esprit d’un challenger qui doit surprendre. Et surprendre, c’est d’abord faire vivre le mouvement des idées. Il manque dans ce pays cruellement des espaces de débats publiques. La République En Marche veut y contribuer et devenir ce think tank citoyen à ciel ouvert, réunissant, associations, syndicats, intellectuels, experts et citoyens. Notre premier chantier : régénérer le concept de progrès au 21ème siècle et répondre aux questions que tout le monde se pose. L’homme face à la révolution numérique et à l’intelligence artificielle. L’homme face aux migrations. L’homme face aux inégalités. L’homme face à la mondialisation. Mais toujours l’Homme. Car notre vision du progrès doit être avant tout humaniste.

Le deuxième défi que nous devons relever, plus classique, c’est celui d’être une machine électorale efficace. Car dès l’année prochaine et en 2020 nous retournerons devant les électeurs. Ces deux échéances sont structurantes, gages de pérennité mais aussi d’opportunité politique, pour continuer à élargir notre majorité à gauche et à droite avec notre partenaire le Modem.

D’abord aux élections européennes. Nous voyons, à travers les pays, une montée des nationalismes et du sentiment anti-européen. Personne n’y échappe. Nous mènerons résolument campagne en rassemblant le plus largement, tous les pro-européens autour de la même volonté de refonder le vieux continent car nous faisons aussi face à une technostructure européenne largement perçue comme déconnectée des aspirations des peuples européens. Et nous aurons la responsabilité de mobiliser la jeunesse. Je compte sur toi cher Martin Bohmert, avec les JAM. Car se joue, en mai prochain, un moment clé de notre identité civilisationnelle.

En 2020, auront lieu les élections municipales. L’échelon local est naturellement celui du dépassement politique. C’est aussi là que se joue l’enracinement de La République En Marche, qui peut devenir au-delà de ses adhérents, une force puissante d’élus territoriaux. Nous devrons élaborer des projets municipaux autour du mieux vivre ensemble où l’environnement, la solidarité, le développement économique seront, fidèles à notre méthode, co-construits avec les habitants des territoires concernés.

Enfin, nous devons continuer, inlassablement, à faire de la politique autrement. C’est notre ADN. Cela veut dire offrir à chaque marcheuse, à chaque marcheur, un parcours d’engagement et de formation mais aussi de services pour rendre service. C’est aussi ça La République En Marche au quotidien.

Vous savez, je suis un vieux militant. Vous savez, j’ai appris, que la politique, en fin de compte, ce sont des femmes et des hommes qui agissent pour d’autres femmes et d’autres hommes. Ce sont des gens qui parlent aux gens, pour être utiles, pour changer les choses et œuvrer à la transformation du quotidien, au plus près de chez soi. C’est pour ça qu’on a lancé ces 500 projets citoyens, autour de thématiques structurantes comme le lien social, la transition écologique, l’éducation, l’emploi, les discriminations.

Avant de conclure, je voulais faire connaître à tous les membres du Conseil, la proposition que j’ai faite à notre bureau exécutif d’instaurer un rituel, à savoir qu'Edouard Philippe, le premier ministre, assiste à nos travaux, une fois par mois. Il y a répondu chaleureusement et il m’a fait savoir ce matin sa déception de ne pas être parmi nous.

Chers amis, je vous l’ai dit en commençant. Ces 6 semaines qui viennent de s’écouler auront compté, pour moi, plus que n’importe quelle autre période dans ma vie d’engagement. Être à la tête de La République En Marche, Stan, est une responsabilité unique tant les attentes et les enjeux sont grands. L’intelligence, la bienveillance et les convictions de toutes celles et de tous ceux avec qui j’ai eu la chance et le plaisir de travailler pendant ces 6 semaines m’ont marqué.

Où que je sois à l’avenir, je serai là, avec vous, parmi vous, pour continuer à faire avancer le beau mouvement que nous avons commencé à construire et servir librement nos idées. Si je peux donner un dernier conseil à La République En Marche que j’aime tant, c’est tout simplement de rester elle-même, d’être authentique, d’être la vigie et l’ambassadeur du réel. De dire la vérité, notre vérité. C’est le meilleur service que nous pouvons rendre au Président de la République et à la majorité présidentielle.

Cher Stan, j’ai une confiance absolue en toi et j’ai une confiance absolue en vous, qui faites vivre La République en Marche chaque jour, partout en France et chez nos compatriotes à l’étranger, pour tous ensemble continuer à la faire grandir.

Au fond, notre mission tient en quelques mots : dialoguer toujours, proposer et surprendre encore et bien-sûr, agir résolument.

Vive la République en Marche !