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Discours de Philippe Grangeon - Conseil de La République En Marche

21 octobre 2018 - Retrouvez le discours de Philippe Grangeon, Délégué général par intérim, au second Conseil de La République En Marche !



Merci Carole,
Merci pour ce chaleureux accueil.

Chers membres du Conseil, que vous soyez ministres, parlementaires, référents ou adhérents – ici dans cette salle, pour moi, nous sommes tous des marcheurs, donc chers marcheurs.

Tout d’abord merci. Merci d’avoir répondu présents, un dimanche, à la Villette. Un endroit chargé de souvenirs (les plus anciens s’en rappelleront peut-être, cette salle avait accueilli le meeting de l’entre deux tours de la présidentielle et la première convention de LaREM. Merci, merci surtout pour votre engagement, pour votre dynamisme et pour votre volonté inlassable d’agir pour faire avancer les transformations dans notre pays, pour porter haut et fort la voix de La République En Marche. Vous faites vivre notre mouvement au Gouvernement, à l’Assemblée nationale, au Sénat, et sur tous les territoires de l’hexagone, de l’Outre-Mer et chez les Français de l’étranger. Vous êtes La République En Marche !

Mes amis, ce week-end a été un week-end riche dans la vie de notre mouvement : hier, nous avons organisé un colloque, remarqué je crois, pour échanger sur un thème qui nous est tous très cher, celui du progressisme. Et aujourd’hui, nous réunissons le Conseil de La République en Marche qui est le premier depuis celui qui, en novembre dernier, avait élu Christophe Castaner à la tête de notre mouvement. Une matinée, j’en suis sûr, qui va nous permettre notamment d’échanger, de réfléchir ensemble pour déboucher concrètement sur des solutions pratiques et efficaces pour mieux vous aider à faire vivre La République En Marche sur le terrain, au plus près des réalités. Et je sais que votre tâche n’est pas toujours facile, mais ne l’oubliez jamais, sans vous et sans votre engagement, La République En Marche ne serait qu’un appareil politique parmi tant d’autres. Et ça nous n’en voulons pas.

Mes amis,

Ne tournons pas autour du pot, je n’aurais pas dû être devant vous ce matin. Et pourtant, il n’y a pas de crise, il n'y a pas de drame, mais ce Conseil intervient, comme souvent dans la vie des organisations, dans un contexte inattendu. Vous l’avez compris, la nomination de Christophe au ministère de l’Intérieur l’a conduit à quitter la direction de notre mouvement afin de se consacrer pleinement à celle lourde tâche qui l’attend place Beauvau, celle notamment d’être le ministre en charge d’assurer la sécurité de nos concitoyens.

Permettez-moi, en votre nom, au nom de l’ensemble des marcheuses et des marcheurs, de remercier chaleureusement Christophe, pour son action déterminée depuis le premier jour quand nous nous appelions En Marche et ces douze derniers mois à la tête de La République En Marche. Christophe d'ailleurs nous rejoindra tout à l’heure pour conclure ce Conseil. Sous son autorité, avec le Bureau Exécutif, avec les référents locaux et avec l’ensemble des forces vives de La République En Marche, nous avons bâti les fondations de la pérennité de notre mouvement, un jeune mouvement qui a porté Emmanuel Macron à la Présidence de la République et qui désormais se construit, se développe, et c’est inédit, comme la première force de frappe de la majorité présidentielle.

Le Bureau Exécutif, a donc examiné sereinement la situation, il a pris ses responsabilités et a souhaité que l’un des leurs soit désigné Délégué général par intérim de notre mouvement. Ce n’est plus un scoop, je suis devant vous. Cette mission temporaire m’a été confiée à l’unanimité. Je tiens à nouveau à remercier mes amis pour cette marque de confiance, qui me fait chaud au cœur. Pour ne rien vous cacher, cette mission que je n’avais jamais imaginée, je l’accepte avec honneur, et j’y mettrai toute mon énergie pour la mener à bien. Cette mission je l’aborde avec responsabilité, humilité, lucidité, et je n’hésiterai pas - ceux qui me connaissent un peu le savent - à la mener avec une certaine autorité, bien sûr toujours respectueuse de nos valeurs et de nos statuts. Le sens du collectif, la réflexion partagée, l’écoute mais aussi trancher, la décision, seront les boussoles de mon action pendant ces six semaines. Six semaines pendant lesquelles je veux être un Délégué général par intérim utile.

Les choses sont claires et je le répète : je n’ai pas vocation à rester à la tête du mouvement au-delà de cette courte période de transition. Il n’était pas question pour le Bureau exécutif qu’un Délégué général par intérim puisse se porter candidat à la tête du mouvement. En effet, nous qui revendiquons de nouvelles pratiques politiques, il n’aurait pas été sain, respectueux et pour tout dire démocratique, d’en être autrement. C’est d’ailleurs pour moi, l’une des conditions nécessaires à la réussite de cette mission.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis ce que certains appellent un « marcheur de la première heure ». C’est vrai, très tôt, aux côtés d’Emmanuel Macron il y a 30 mois, avec quelques autres compagnons qui sont aujourd'hui ici présents, nous avons pris l’initiative de fonder En Marche !. Mais je vous le dis très franchement : ma proximité avec Emmanuel Macron n’est pas un signe de la volonté du président de la République d’intervenir dans la gouvernance du mouvement. Ce serait mal le connaître, et ce serait mal me connaître également. Nous avons toujours eu, tous les deux – avant autant qu’après son élection – un dialogue nourri de confiance, d’exigence et de respect. Mais la loyauté n’exclut pas l’indépendance d’esprit, l’indépendance de La République En Marche, même avec un président de la République.

Bien sûr, je vais, avec l’ensemble du Bureau exécutif, avec j’espère le soutien et l’aide de vous tous, tout mettre en œuvre dans les jours et les semaines à venir pour que cet exercice démocratique soit exemplaire, c’est-à-dire paisible, bienveillant, transparent, à l’image de ce que nous sommes, et finalement, nous devons profiter de ce moment pour que tous ensemble nous fassions la démonstration collective, de notre maturité politique et que La République En Marche en sorte renforcée.

Un mot sur le calendrier de cette campagne dont les modalités vous seront précisées très rapidement : je peux d’ores et déjà vous dire que les candidatures seront ouvertes jusqu’à la mi-novembre et que l’élection aura lieu le 1er décembre prochain. Vous serez donc invités à nouveau, dans 41 jours très précisément, pour décider de celle ou de celui qui prendra la tête de notre mouvement.

Il y a au sein de La République En Marche beaucoup de talents, ce qui signifie qu’il y aura des candidates et des candidats, je n’en doute pas, légitimes pour diriger notre mouvement, il leur appartient désormais de se faire connaître. Mais je l’ai dit devant le Bureau Exécutif qui partage mon point de vue, nous devons être vigilants à ce que cette campagne éclair ne vienne pas, par des comportements, des initiatives, des propos à l’emporte-pièce, abimer l’image et la réputation de La République En Marche - bref affaiblir son efficacité, et au final sa force. Je le répète, je serai très vigilant sur cette question.

Parce que cette élection, là aussi que les choses soient claires, ce n’est pas un changement de cap, ce n’est pas un changement d’équipe, c’est juste un moment certes important où nous devons trouver collectivement, la meilleure ou le meilleur d’entre nous pour nous incarner, celle ou celui qui mettra toute son énergie, toute sa passion, au service, et au service je ne veux pas dire exclusivement mais principalement, de notre mouvement. D’ailleurs mes amis, si tel ne devait pas être le cas, l’immense majorité des marcheurs et les Français qui nous regardent ne tolèreraient pas que le premier parti de France se détourne de son rôle historique de la transformation du pays pour étaler ses divisions ou ses états d’âme. Dans cette campagne, ne l’oublions jamais, nous avons un devoir d’exemplarité.

Au-delà de la réussite de cette élection, je me fixe une deuxième mission, et elle est tout aussi importante à mes yeux. Je veux, comme le dit une vieille expression populaire, faire que « pendant les travaux la vente continue ». Vous m’avez compris, tout le travail que nous avons accompli doit se poursuivre, s’amplifier, s’accélérer conformément à notre plan de marche.

Ces six semaines de transition à la tête du mouvement ne seront donc pas une parenthèse, ne seront pas un moment de flottement, une sorte de pause : j’en prends l’engagement. Les 4 principales priorités que nous nous sommes fixés demeurent notre feuille de route :

  1. La première d'entre elles : accompagner le Gouvernement et le Parlement dans la transformation du pays, en soutenant la majorité présidentielle, pour expliquer inlassablement le sens des réformes mais aussi, et c’est notre rôle, quand c’est nécessaire, inspirer, influencer voire challenger quelques-unes des politiques publiques.

  2. La deuxième priorité, c’est aussi le rôle d'un mouvement et je crois qu'à partir de l'année prochaine, vient le temps des rendez-vous électoraux, il nous faut les préparer, c'est très important puisque les Français auront, ou pas, à nous témoigner ainsi leur confiance. Je pense en particulier au premier rendez-vous électoral : les élections européennes. Imaginez que pendant ces six semaines, nous disions à nos partenaires ou à ceux avec qui nous avons le désir d'élargir le pacte majoritaire, de rassembler au plus large, que nous ne retravaillerons avec eux que dans 6 semaines. Non. Ça ne serait pas sérieux et ce n’est pas nous.

  3. La troisième priorité et c’est notre raison d’être : continuer à inventer des nouvelles formes d’engagement, faire de la politique autrement. C’est là une de nos promesses, une des promesses fondatrices de La République En Marche : nous avons en cours une foison de projets citoyens, avec au fond une idée, une seule idée en tête qui nous guide : être les vigies du réel.

  4. Enfin bien sûr, dernière priorité : affirmer notre corpus idéologique et programmatique, notamment autour de l’idée du progrès. C’est un travail de longue haleine, nous avons fait un pas important hier avec notre colloque, mais cette colonne vertébrale se construira tout au long du quinquennat et, c'est cela notre originalité, elle s'articulera avec les transformations que nous mettons en œuvre. C’est d’autant plus nécessaire que nous sommes aux responsabilités.

Mes amis,

Nous sommes aujourd’hui 400 000. Quelle formation politique, pourrait prétendre rassembler sérieusement 400 000 adhérents ?

Quelle formation politique, aujourd’hui, pourrait organiser, partout en France, une centaine d’évènements en un week-end, comme nous l’avons fait fin septembre dans le cadre de la rentrée des territoires ?

Quelle formation politique, aujourd’hui, pourrait aller frapper aux portes de 230 000 Français pour les écouter et échanger sur l’Europe.

Cette organisation elle a un nom et c’est La République En Marche ! Nous devons en être fiers.

Notre maillage territorial, notre proximité avec les acteurs locaux - même si notre dialogue avec eux est parfois rugueux - avec la société civile, avec les citoyennes et les citoyens, partout à travers le pays mais aussi auprès des Français de l’étranger où nous sommes la première force politique, tout cela fait la vitalité de notre mouvement et je vous le dis aussi tranquillement : je ne laisserai personne, jamais, le dénigrer. N’en déplaise à certains, cette nouvelle page de l’histoire politique française a commencé avec En Marche et elle continuera, j’en suis sûr, avec La République En Marche.

Alors nous allons continuer notre travail pour faire bouger les lignes en France et en Europe. La campagne pour les élections européennes que nous avons lancée, elle se poursuit ! Le travail pour les élections municipales, il se poursuit ! Le programme de notre institut de formation, il se poursuit ! Notre réflexion idéologique, elle se poursuit !

Vous pouvez compter sur moi et sur le Bureau exécutif pour mettre toute notre force, tout notre enthousiasme dans les combats qui s’annoncent, et au premier chef, la bataille européenne, à l’heure où les nationalistes et les démagogues reprennent des couleurs et menacent les valeurs démocratiques sur notre vieux continent.

Je sais mes amis que je peux compter sur vous pour faire entendre la voix de notre mouvement, et à travers vous sur les dizaines de milliers de marcheuses et de marcheurs qui défendront durant cette élection nos valeurs et une alternative humaniste et progressiste.

Nous sommes La République en Marche !
Vive La République En Marche !