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Discours de Stanislas Guerini au Conseil de La République en Marche !

1 décembre 2018 - Retrouvez le discours de Stanislas Guerini, nouveau Délégué général, au Conseil de La République En Marche ! le 1er décembre au pavillon Baltard.


Mes chers amis,

D’abord, merci. Merci à toutes celles et à tous ceux qui m’ont accordé leur confiance, qui m’ont accompagné, qui m’ont soutenu dans cette campagne mais au-delà. Merci à chacun et à chacune d’entre vous d’être là aujourd’hui, merci pour l’image que vous renvoyez de notre mouvement, une image d’unité, une image qui est à mille lieux des déchirements traditionnels des partis politiques que nous voyons habituellement pendant ces phases d’élection. Et cela, nous le devons à nos adhérents, mais nous le devons aussi aux Français, ce sera sera l’une de mes lignes rouges, à tous les échelons de notre mouvement.

Je voudrais également remercier l’équipe qui a organisé cette belle journée, je voudrais remercier les bénévoles, les membres du QG, toutes celles et tous ceux qui ont contribué à faire de cette journée ce qu’elle est. Elle vous ressemble, elle est bienveillante, elle est dynamique, il y a un souffle de jeunesse. Merci à vous, merci pour ce que vous apportez, particulièrement depuis 18 mois. Je crois que chacun ici est redevable de cela. Merci pour vous.

Merci à chacun et à chacune de mes prédécesseurs. A Richard, merci pour ton leadership. A Catherine, merci pour ta bienveillance. A Astrid, à Bariza et Arnaud, merci pour votre dévouement totalement désintéressé. A Christophe, Christophe Castaner qui aujourd’hui assume des responsabilités éminentes, ô combien éminentes, dans cette journée. Merci à distance cher Christophe au nom de toutes celles et ceux qui ont vu que tu as toujours porté la voix de la République en Marche partout où elle était appelée. Merci à toi. Enfin Philippe, merci. Je te l’ai dit c’est un honneur que de te succéder, merci à toi qui a fait l’unanimité.

Merci aux ministres, aux ministres d’Etat qui sont là aujourd’hui, je voudrais vous remercier individuellement cela serait trop long mais croyez bien que le cœur y est,

Et puis merci à toi Joachim, merci pour cette touche de magie que tu as apporté à cette campagne. Ca, c’est une private joke pour ceux qui ont regardé les débats, ça se mérite une private joke.

Et puis merci à Pierre. Je sais que certains d’entre vous auraient souhaité que Pierre fût candidat. Pierre, tu as placé tes convictions au-dessus de tout le reste. Tu as démontré, si cela en était encore besoin, que tes valeurs sont à l’unisson de notre mouvement. Je te le dis, tu es indispensable à notre mouvement, et je me réjouis que nous puissions travailler dès lundi, ensemble, à faire grandir ce mouvement. Je proposerai d’ailleurs au Bureau Exécutif de te nommer Délégué Général Adjoint.

On a besoin de toi.

Et merci enfin, et c’est un enchaînement qui va te plaire Pierre, aux Jeunes avec Macron. Ils sont aujourd’hui dans un inter JAM mais je sais qu’ils sont là aussi. Merci à toi Martin, merci à toi de diriger avec brio les Jeunes avec Macron. Vous êtes bien plus que ce que sont les jeunes dans les partis politiques : vous n’êtes pas la caricature de vos aînés, vous en êtes l’avant-garde. Je sais que je peux compter sur vous aujourd’hui et pour les années à venir.
Grâce à vous tous, toutes celles et ceux qui êtes présents ici, les membres du Conseil, nous disposons aujourd’hui des fondations pour continuer à renforcer et à faire grandir notre mouvement La République En Marche.

Vous le savez mieux que personne, au cœur de notre identité, il y a l’écoute – souvenez-vous de La Grande Marche. Mais nous, nous ne voulons pas écouter pour écouter, nous ne sommes pas un institut de sondage, un département de sciences sociales : nous voulons écouter pour comprendre et transformer la réalité. Nous l’avons toujours dit comme ça. Nous voulons écouter pour gagner le droit d’être entendus.

Alors si l’on tend l’oreille aujourd’hui, qu’est-ce qu’on entend ?

Je vais commencer si vous le voulez bien par le moins important : c’est-à-dire moi-même. J’entends, ici ou là que je serai trop inexpérimenté, pas assez cogneur, pas assez politique. Mais je vais vous dire mes amis : moi je suis heureux de ne pas me voir affubler des défauts qui ont conduit les dirigeants politiques depuis 30 ans à la faillite de leurs convictions et à la faillite des partis politiques tel qu’ils sont aujourd’hui. Parce que je vous propose de traduire : trop inexpérimenté, cela veut dire que je n’ai pas passé 20 ans à éliminer sciemment, patiemment tous mes adversaires politiques pour penser le coup d’après ; trop peu cogneur, cela veut dire que je suis moins intéressé par l’idée d’assommer mon adversaire politique que de convaincre les Français parce que c’est là l’essentiel ; trop peu politique, cela veut dire que je ferai passer toujours l’intérêt général avant mon intérêt particulier, et toujours l’intérêt de mon pays avant même celui de mon parti, voilà ce que cela veut dire !

Bref, je vous avoue que je suis toujours aussi surpris qu’en 2018, dix-huit mois après l’élection présidentielle, il y a encore des observateurs ou des personnages de la vie politique pour considérer que la sincérité, c’est une faiblesse, pour considérer que le fait d’avoir eu une vraie vie avant (et je vous rassure, je voudrais aussi avoir une vraie vie après). Mais je vais vous dire : ce qui est ma force fait notre force collective, c’est notre sincérité, pour le projet que nous portons, notre sincérité à vouloir transformer notre pays, pour chacun et pour chacune, voilà ce que c’est ma force et voilà comment je le porterais pour la suite.

Mais assez parlé de moi.

Qu’est-ce qu’on entend d’autre, si l’on tend l’oreille, sur La République En Marche, par exemple ? On entend que nous serions un parti en déshérence, que notre mouvement serait incapable de devenir un parti. Mais posons nous la question une seconde : que sont-ils devenus les partis qui avaient comme nous obtenu la confiance des Français au moment de l’élection présidentielle ? Et bien c’est simple : ils ont fini leur quinquennat dans le même état : désertés et radicalisés. Et ils ont connu le même sort : c’est-à-dire qu’ils ont fini aux oubliettes. Nous, nous ne voulons pas cela.

Et ceux qui disent cela de nous sont les mêmes qui en 2016 disaient que ce n’était pas possible que nous soyons 1000, 2000, 5000, 10 000, 200 000. Ce sont les mêmes qui disaient doctement, sciemment que c’était impossible que nous remportions cette élection présidentielle.

L’aveuglement qui les frappait alors et le même qui les frappe aujourd’hui. Et cher Philippe, tu rappelais des chiffres essentiels, j’aimerais en rajouter un : il y a aujourd’hui 100 000 adhérents qui sont des adhérents actifs dans nos comités locaux. C’est un think-tank indépendant qui a mené cet enquête (et d’ailleurs, quel autre formation politique aurait fait confiance, aurait fait cet acte de transparence que de mener cette enquête. Et bien cela ça vaut. Qui pense que nous sommes capables de mener des opérations comme la Grande Marche pour l’Europe. Et je ne veux pas énumérer ici toutes nos fiertés locales ou nationales. J’en ai vu tant et tant, quand je suis venu à votre rencontre durant cette campagne.

Alors non, notre mouvement n’est pas en déshérence. Mais oui, il n’est pas devenu un parti, parce que nous voulons rester un mouvement. Quelle est la différence ? La différence, c’est que les élections pour nous, ce n’est pas une fin, c’est un moyen pour transformer le pays. La différence, c’est que nous ne croyons pas que la politique, ce soit l’affaire des élus. Mais nous croyons profondément que la politique, c’est l’affaire de tous, des citoyens et des citoyennes, et elle nous concerne tous et toutes, chacun, dans toutes les dimensions de notre vie.

Alors, est-ce à dire pourtant que tout va bien dans notre mouvement ? Non. Et si j’étais devant vous et que je prétendais cela, et bien je ferais preuve de la même cécité que je dénonçais à l’instant. Il faut le dire, et je crois qu’être capable de se regarder en face c’est aussi une qualité dans la vie politique et elle n’est pas tellement partagée. Donc regardons-nous en face et disons nous les choses. Oui nous ne sommes pas totalement là où nous voudrions être. Il y a trop de doutes, trop de découragements ; trop de petits renoncements, trop de petites défaites ; au fond trop de distance avec ce qui est notre identité profonde.

Mes amis, je vais vous le dire comme le pense, je pense que la source de tous nos maux internes est la même : nous avons parfois, perdu le sens de nos adhérents. Vous qui avez fait la campagne présidentielle, vous savez que la première raison de notre victoire, ce n’était pas un « alignement des planètes » magique comme certains observateurs ont pu nous le faire croire. Non.

La première raison de notre victoire, c’était notre mouvement, et notre mouvement, ce sont nos adhérents. J’ai fait campagne auprès de vous autour de la nécessité de renouer avec notre ADN. Or notre ADN, ce sont nos adhérents. Pendant la campagne nous ne les avons jamais considérés comme de la chair à canon, comme des machines à distribuer des tracts mais nous les avons toujours considérés comme des ambassadeurs, comme des acteurs opérants de la vie politique, en France, en métropole, en Outre-mer, et même à l’étranger ! Toute la campagne était tournée vers eux, sur cette nécessité de les équiper pour qu’ils puissent convaincre autour d’eux. Il n’y a pas de meilleure manière de convaincre les Français que de le faire grâce à d’autres Français. Voilà notre recette magique, nous en connaissons tous la formule.

Mais depuis, nous avons parfois manqué à nos adhérents. Ce que je veux dire, c’est que chacun d’entre nous, est redevable de l’ensemble de la politique qui est porté par cette majorité et ce gouvernement. A chaque débat, à chaque polémique, c’est le même feu roulant de questions que nous vivons auprès de notre famille, de nos proches, de nos collègues, bref de tous ceux auprès de qui nous avons fait campagne.

Et je crois que nous devons reconnaître lucidement que nous n’avons pas permis à nos adhérents de revendiquer et d’expliquer toutes les avancées que nous avons obtenues depuis le début de ce mandat. Et si l’on se dit les choses, nous ne les avons pas non plus assez équipés pour se défendre quand nous avons traversés quelques polémiques. Je vais le dire avec mes mots, et j’emprunte cette métaphore footballistique à d’autres qui l’ont fait avant moi : je crois que nous n’avons pas suffisamment donné à nos adhérents les armes pour valoriser les buts que nous marquions et il y en a eu de nombreux ou pour se défendre quand nous encaissions quelques buts et il y en a eu aussi. Et je veux le dire clairement devant vous, c’est la première mission que je m’assigne : faire en sorte, être le garant qu’il n’y ait jamais d’ adhérents qui soient dépourvus des explications en temps réel pour comprendre et, s’il le souhaite, pour justifier la politique que notre mouvement mène. C’est un défi qu’aucune formation politique n’a su relever dans la durée.

Pour cela, c’est très simple, il faut donner la règle : dire que notre organisation doit être au service de chacun. Chaque échelon dans notre mouvement doit être au service de l’échelon inférieur. Le siège est au service des comités locaux et ce ne sera jamais l’inverse.

Au service, de ceux qui veulent s’engager. Et au service de celles qui veulent s’engager. J’ai eu l’occasion de le dire pendant la campagne, nous devons aller plus loin, accélérer encore les choses, pour mettre davantage de moyens pour que les femmes puissent s’engager davantage dans la vie politique de notre pays, nous portons cette grande cause, c’est la grande cause du quinquennat, chère Marlène. Et bien il faut que ce soit aussi la grande cause à l’intérieur de notre mouvement, et Marlène, je sais que cette cause, et bien d’autres, tu la porteras avec nous et j’en suis fier, et j’en suis heureux.

Vous l’avez compris, le cœur de mon projet, c’est de redonner à nos adhérents la place qui doit être la leur, c’est-à-dire pas à la base de notre organisation mais au sommet de notre organisation. C’est la condition pour réussir l’implantation dans tous les territoires, que nous appelons tous de nos vœux et dont nous avons parlé pendant cette campagne.

Mais je crois qu’un autre élément qui doit caractériser un mouvement politique, ça doit être de consacrer toute son énergie, non pas à ce qui se passe à l’intérieur de notre mouvement mais à ce qui se passe à l’extérieur de notre organisation.

Et qu’entendons-nous quand nous regardons la France, en 2018, dans ce mois de décembre et particulièrement dans ces moments de mobilisation des gilets jaunes ?

Nous entendons que le compte n’y est pas encore.

Ce n’est pas parce que le constat qui a mené notre action était faux. Au contraire, je crois que tous ceux ici qui ont mené La Grande Marche retrouvent dans les expressions que nous entendons ces derniers jours exactement ce qui nourrissait à l’époque, c’était il y a deux ans et demi, nos conversations. Et je crois que tout ceci se résume très simplement par une formule qui n’a pas pris une ride : les Français ont le sentiment de mener des vies empêchées. Voilà ce qu’ils vivent aujourd’hui.

Et je crois que si le compte n’y est pas, ce n’est pas non plus parce que la promesse que nous avons portée était la mauvaise : au contraire, la seule solution à ces vies empêchées c’est la remise en mouvement de nos sociétés. La seule manière de permettre à chacun de cesser de subir sa vie, c’est de l’équiper des armes indispensables, de s’éduquer, de se former ; c’est lui apporter les éléments de solidarité essentiels pour qu’à chaque fois qu’il tombe, il puisse se relever ; c’est de définir les règles de fonctionnement pour que notre société ne soit plus une société de statuts, ne soit plus une société de pistons. Voilà, c’est ça notre projet et je crois qu’il reste plus que jamais le bon.

Alors si le compte n’y est pas encore, et bien c’est simple c’est parce que les choses n’ont pas encore suffisamment changé, et que ce changement n’est pas encore assez perceptible, assez tangible. Et c’est là que notre mouvement doit trouver sa pleine utilité. Pour identifier tous les points qui ont été voté et qui ne sont pas encore suffisamment appliqué, pas suffisamment rapidement (et il y en a de nombreux) ; pour contribuer à ce que les Français puissent se saisir des opportunités qui leur sont offertes. Si jamais nous réussissions à faire mieux coïncider l’offre politique avec les besoins de chaque citoyen et bien les choses iraient beaucoup mieux dans notre société et ça, c’est le cœur de notre mission. Et C’est aussi, Philippe le disait, de faire changer concrètement les choses, bien sûr en proposant des idées mais aussi en changeant d’échelle par rapport aux projets citoyens que nous menons. Soyons utiles

C’est pour cela que nous ne pouvons pas rester passifs face à cette colère qui s’exprime. Nous avons été certainement, en tant que majorité, trop lointains, trop technocrates, trop sûrs de nous, trop sourds parfois mais nous ne devons rien lâcher pour faire en sorte que cette colère nous la transformions en solutions pour apporter des réponses concrètes aux Français, c’est ça qu’ils attendent. Ils n’attendent pas un psychologue, ils attendent un médecin pour régler leurs problèmes. Et ça c’est notre mission, c’est ce qui doit nous animer pour les mois qui viennent.

Et c’est pour ça que nous allons nous mobiliser, en tant que Mouvement, pour saisir cette grande consultation écologique et sociale qu’a annoncé cette semaine le Président de la République. D’abord, je souhaite que nous mobilisions toutes nos ressources, tous nos experts, pour former, pour équiper chaque marcheur qui le souhaitera, pour lui donner les éléments nécessaires pour lui permettre de comprendre, pour défendre ce que nous faisons, pas pour expliquer les politiques publiques tel qu’elles se plaquent sur la vie des Français. Pour dire ce que nous faisons en partant de la situation réelle, en partant des cas particuliers des Français, tel qu’ils vivent les choses. Et puis il faudra aussi que nous allions chercher les idées là où elles sont, dans nos territoires, dans nos entreprises, dans nos associations, auprès des praticiens, là où aucun dispositif gouvernemental ne pourra aller, là où aucun dispositif gouvernemental n’est jamais allé. En allant écouter aussi, ceux qui voudront dialoguer avec nous, ceux qui viendront vers nous – surtout s’ils portent un gilet jaune. En allant là où la politique ne va plus. Et nous nous attellerons à ce travail, le plus difficile, le travail qui consiste à partir des solutions locales et de voir si nous pourrons en faire des propositions en politiques publiques. Et si nous relevons ce défi, alors je remettrai ses solutions directement au premier ministre, personnellement, sans intermédiaire, sans passer par son cabinet. Il faudra lui remettre ses solutions, c’est ça notre mission dans les mois qui viennent. Je le dis, cher Gilles, cher président du groupe parlementaire à l’assemblée, cher François, président du groupe parlementaire au sénat, ce travail il faudra que nous le menions ensemble et je sais que vous y êtes prêts parce que les députés et les sénateurs sont au coeur de notre mouvement. Et je sais que vous avez déjà commencé à travailler.

Vous l’avez compris, la deuxième mission que je me fixe, au fond, c’est de faire sortir La République En Marche d’elle-même. C’est aller partout là où la politique ne va pas. Je veux dire aux Français : plus vous êtes loin de la politique, plus vous êtes importants pour nous. Plus vous êtes en difficulté, plus nous voulons trouver des solutions. Moins vous y croyez, plus nous allons essayer de vous convaincre !

Mes amis, cette responsabilité énorme – celle d’ouvrir finalement le deuxième acte du retour des citoyens à la politique – cette responsabilité, elle nous incombe dans une période hors norme.

L’Europe, cette construction des peuples qui semblait acquise, cette construction est en train de vaciller – et je le dis clairement nous devrons jeter toutes nos forces en France et dans l’Union pour que les élections européennes, ces élections de la dernière chance, donnent enfin à l’Europe les moyens d’agir en matière d’immigration, en matière de protection de nos frontières, en matière de numérique, en matière de fiscalité. Il est vain pour ne pas dire ridicule que de vouloir mener 27 petites politiques publiques les unes à côté des autres. Non, nous avons besoin d’une politique, une politique européenne et ce sera ça l’enjeu des élections européennes. Chère Nathalie, je sais que tu portes cet enjeu haut et fort depuis des mois et bien nous le porterons avec toi pour gagner ces élections européennes.

Et au cœur des défis que nous devons relever il y a bien sûr le changement climatique. Il y a le changement climatique et avec lui, toutes ses menaces qui pèsent sur notre environnement. Notre défi c’est de dépasser finalement cette transition économique – celle qui doit permettre à nos entreprises d’aller mieux, de regagner des parts des marchés à l’international, celle qui doit faire en sorte que le travail paye mieux, celle qui doit faire en sorte que nos entreprises innovent, que la France se remette à innover. C’est de faire en sorte que cette transition économique, cette transition sociale – celle qui doit nous permettre de sortir de cette société sclérosée dans laquelle il est plus important d’être bien né que de bien travailler à l’école, dans laquelle les études que l’on a fait à 20 ans sont plus importantes que la qualité du travail que l’on mène. Ces deux transitions économique et sociales nous devrons les mener de pair avec la transition écologique. Et c’est ce nœud que nous touchons avec les Gilets jaunes. C’est ce nœud que nous devons contribuer à défaire.

C’est pour ça que je veux vous annoncer ici que nous placerons la transition écologique au cœur de nos priorités pour cette élection européenne. Oui, nous porterons la proposition d’un grand plan pour la transition environnementale et sociale. Mais nous devrons faire en sorte que ce plan ne ressemble pas à d’autres plans. Nous devrons faire en sorte que les citoyens européens ne soient pas les laissés pour compte de la révolution écologique. Nous devrons faire en sorte que si ce plan, si l’on veut qu’il soit utile, qu’il soit compris, qu’il soit choisi par les électeurs, alors nous ne devrons pas nous contenter d’annoncer un grand montant sans dire quelles sont les priorités auxquelles nous devons répondre, quelles sont les priorités que les citoyens européens veulent choisir. Est-ce que ce sera stopper la pollution aux particules fines, dépolluer nos sols, réduire les pesticides, arrêter les centrales à charbons, changer les chaudières, faire la mutation de nos parcs automobiles, etc. Nous devrons dire cela et c’est comme cela que nous devrons construire ce plan. Oui, les moyens que nous y mettrons devront être inédits mais nous devrons partir du réel. C’est comme cela que nous pourrons aussi sortir l’Europe de sa torpeur technocratique, c’est ça l’esprit de la Grande Marche pour l’Europe que nous devons continuer à faire vivre, et c’est comme cela que nous pourrons dire à propos de notre projet européen : c’est notre projet.

Vous le voyez, la seule ambition que je nous fixe, c’est d’être utiles. Pas utiles à nous-mêmes (je crois qu’il y a déjà un certain nombre de personnes qui sont sur ce créneau-là). Non, utiles aux pays.

Et ce que je vous propose au fond, c’est très simple. C’est de repartir en campagne. Nous devons repartir en campagne pour regagner à nouveau le quotidien des gens, nous devons repartir en campagne pour gagner les élections européennes, j’en ai parlé, mais aussi pour gagner les élections municipales, départementales et régionales. Parce que vous l’avez compris, gagner les élections, ce n’est pas pour nous une fin en soi, c’est un moyen pour ensemble continuer à transformer le pays, voilà le défi que je vous propose.

Chers membres du Conseil, vous l’avez compris à travers ce discours qui était déjà trop long, je ne prends pas le résultat de cette élection comme un chèque en blanc. Je le prends comme une permission que vous m’accordez d’être à la hauteur, comme une permission que vous m’accordez de faire en sorte que les mots que j’ai prononcé devant vous aujourd’hui ne soient pas que des mots.

Je vous remercie. Vive La République En Marche, Vive la République, Vive la France !