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Discours de Stanislas Guerini lors du débat sur l'évolution de la situation sanitaire

29 octobre 2020 - Le Délégué général de La République En Marche et député de Paris, Stanislas Guerini, a pris la parole lors du débat à l'Assemblée nationale sur l'évolution de la situation sanitaire. Voici son discours.

Seul le prononcé fait foi

Merci Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Mes chers collègues,

Notre pays fait face à bien des menaces. Et en débutant mon propos, je veux au nom du groupe La République En Marche, dire l’horreur qui nous saisit face à ce nouvel attentat terroriste à Nice et adresser aux familles et aux proches des victimes notre totale solidarité.

Malgré ce contexte terrible, je voudrais également saluer ce débat démocratique. Le Premier Ministre a aujourd’hui apporté les éléments essentiels à la mise en œuvre de cette nouvelle étape, nouvelle épreuve aussi, dans la lutte contre le virus. De ce plan de confinement nous pouvons discuter et débattre démocratiquement.

Dans ce moment où justement la démocratie s’exprime dans notre hémicycle, je pense à ces moments, dans ce même hémicycle, où je sais que nous avons tous partagé une très grande émotion. Quand nous avons eu la joie de retrouver nos collègues Jean-Luc Reitzer et Raphael Gerard, après qu’ils ont mené pendant des mois une lutte acharnée contre ce virus qui a malheureusement emporté notre regretté collègue Claude Goasguen dont je salue la mémoire aujourd’hui. Tant de français ont comme nous des collègues, des amis, des membres de leur famille, malades, en souffrance ou décédés tant cette terrible maladie s’est immiscée dans tous les recoins du pays. C’est à eux que je pense aujourd’hui.

Le virus n’a pas changé aujourd’hui. C’est le même virus, il tue y compris des jeunes, il opprime la respiration, il écrase de fatigue et de fièvre, il enlève le gout et l’odeur, il laisse des séquelles que l’on ne connait pas encore bien. Nous sommes face à un monstre, un monstre silencieux, qui laisse derrière lui non pas que des statistiques chaque jour égrenées, non pas que des chiffres, mais derrière les chiffres des souffrances et des deuils.

C’est cela cette maladie. Et c’est pour cela que notre première responsabilité c’est de protéger, par nos décisions, nos concitoyens, chacun de nos concitoyens. Parce que chaque personne qui part en réanimation c’est une personne de trop, c’est une souffrance de trop, c’est parfois un mort de trop. Parce qu’avant même de parler des capacités dans nos hôpitaux, il faut dire et redire cette vérité : nous aurions 50 000 places dans les services de réanimation, il ne faudrait pas accepter d’envoyer 50 000 personnes en réanimation !

C’est un constat sur lequel nous devrions tous pouvoir nous mettre d’accord ! L’unité de la nation doit pouvoir se faire, indépendamment de toutes les critiques qui peuvent être légitimement opposées, sur la nécessité impérieuse de casser la progression effrayante à laquelle nous faisons face. Ce virus il n’est pas de la majorité ou de l’opposition, ce virus n’est pas de gauche ou de droite, il n’est pas allemand, italien, belge ou français ! Ce virus, il n’a ni parti politique, ni passeport. Il déferle avec la même brutalité sur tous les pays européens.

Et face à ce virus, ce gouvernement, cette majorité, derrière le Président de la République, a fait un choix constant, celui de placer l’humain, la santé avant toute chose, quoi qu’il en coûte. Ce choix nous l’avons fait hier comme depuis le premier jour de cette crise, y compris quand ce n’est pas exactement ce que nous entendions sur les plateaux de télévision ou parfois sur les bancs de cet hémicycle.

Quand il y a 5 jours, nous votions pour la prolongation de l’Etat d’urgence sanitaire et vous votiez contre.

Quand il y a 8 jours, le Président de la République annonçait une mesure déjà courageuse, déjà difficile du couvre-feu et que d’autres la moquaient.

Quand il y 3 semaines, le Premier Ministre décidait la fermeture nocturne de bars et de restaurants dans certains départements et que des élus nous expliquaient alors qu’il valait mieux ouvrir des places de réanimation plutôt que fermer les restaurants.

Quand cet été le Premier Ministre, Olivier Véran et les ministres étaient sur le pont et quand Jean Castex rappelait inlassablement que ce virus ne prenait pas de vacances.

Et je vous passe la communauté des experts télévisuels dit « rassuristes » qui se rassuraient peut-être eux même sur leurs propres certitudes mais faisaient de sacrés dégâts en expliquant que la deuxième vague n’existait que dans la tête du ministre de la santé.

Moi je ne veux pas présumer ce qu’il y a dans la tête du ministre de la Santé mais dans ses paroles et dans ses actes, je sais qu’il y a toujours eu le sens des responsabilités et du devoir.

Et je veux saluer aussi tous ceux dans l’opposition qui manifestent ce même sens des responsabilités et de l’unité tellement nécessaire de notre nation, je pense par exemple à Valérie Rabaud ou Fabien Roussel dont la pertinence des propos autour du Premier Ministre avant-hier n’enlevait rien à vos convictions ou à votre capacité d’opposition.

Parce que si nous avons tant besoin d’unité et de responsabilité c’est que sur les décisions que nous devons prendre aujourd’hui, en accordant notre votre au Premier Ministre, se joue en réalité la capacité de notre système de santé à faire face. Et dans cette lutte, chaque jour et même peut-être chaque heure de perdue comptera.


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En acceptant ce nouveau plan de confinement, c’est le choix de ne pas laisser nos soignants, que nous avons tant applaudi et que nous applaudirons encore, seuls face au virus. Hommage à eux ! Hommage à leur courage ! Mais souvenons-nous qu’ils nous ont dit tant de fois qu’au lieu d’applaudissements, ils préféraient nous voir respecter les règles. Ils préfèrent nous voir respecter les règles car ils savent que si l’hôpital a tenu, cela s’est joué à peu au printemps.

Alors oui, grâce à eux, grâce à la mobilisation de tous, nous avons renforcé nos moyens pour faire face. Est-ce que nous avons plus de masques ? La réponse est oui.

Est-ce que nous avons plus de médicaments ? La réponse est oui.

Est-ce que nous avons plus de matériel, de blouse, de surblouse, de gants ? La réponse est oui.

Est-ce que nous avons plus de de tests ? La réponse est oui.

Est-ce que nous avons plus de lits de réanimation ? La réponse est oui.

Est-ce que nous avons relevé la rémunération des soignants et des aides-soignants ? La réponse est oui.

Mais face à la croissance exponentielle de cette deuxième vague, il faut regarder la réalité en face, aucune de ses mesures ne sera suffisante si nous faisons le choix du statuo quo. Et prendre des demi-mesures n’est pas un choix non plus.

Aujourd’hui prendre des demi-mesures c’est prendre la moitié de nos responsabilités. Et ce n’est pas le choix que cette majorité fera.

Le Président de la République a fait le choix du confinement. Et nous le soutiendrons. Car ce n’est pas le même confinement qu’au Printemps que vous nous avez présenté aujourd’hui monsieur le Premier Ministre. Nous en connaissons les conséquences économiques, sociales, psychologiques, éducatives, sanitaires. Elles ont été tirées.

Mes collègues auront l’occasion de revenir sur ces choix, notamment pour garder notre économie debout mais je ne veux en citer qu’un : vous avez fait le choix avec le Président de la République de garder les écoles ouvertes. Garder nos écoles ouvertes c’est préserver un avenir à notre pays. Parce qu’il repose dans les mains de cette jeune génération, qui ont déjà fait tant de sacrifices et dont nous ne pouvons pas, nous ne devons pas, sacrifier l’éducation.

Faire ces choix si difficiles aujourd’hui, cela demande tant de courage et tant d’efforts à nos concitoyens, particulièrement les plus précaires.

Mais faire ces choix aujourd’hui, en responsabilité, c’est la condition pour retrouver la perspective de jours plus heureux.

A court terme pour retrouver nos commerces, nos librairies par exemple, tous ceux qui ne sont peut-être pas essentiels mais qui sont indispensables à nos vies, avec l’espoir de retrouver nos familles pour Noël.

A l’horizon de quelques mois, avec la perspective tant espérée d’un vaccin.

Nous demandons aujourd’hui aux Français d’être collectivement et individuellement responsables, chers collègues, soyons-nous même à la hauteur de nos responsabilités.

Monsieur le Premier ministre, nous voterons le soutien à votre déclaration devant notre assemblée.

Je vous remercie.