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Retrouver l’'esprit industriel du capitalisme

3 avril 2016 - Emmanuel Macron défend, dans une tribune au « Monde » du 24 avril 2015, sa vision de la transformation de l'industrie française grâce à une nouvelle démocratie actionnariale.

« Nous avons les moyens de façonner un capitalisme à l’image de nos ambitions.

La France a bâti après la Seconde Guerre mondiale un capitalisme d’Etat, fidèle à sa tradition colbertiste, et un capitalisme familial. C’est le soutien des pouvoirs publics et l’énergie entrepreneuriale qui ont rendu possibles les réussites industrielles de notre pays, et ce sont les choix industriels de long terme qui ont permis les investissements de l’économie française des Trente Glorieuses.

Ce temps est révolu, et le capitalisme a connu d’importants changements.

Il est passé par une mutation profonde à la fin des années 1980 et dans les années 1990 : les vagues de privatisations ont marqué le désengagement progressif de l’Etat au profit de noyaux durs – des participations croisées de la part d’investisseurs institutionnels français qui garantissaient le financement et le développement des entreprises ainsi rendues au secteur privé.

La France est donc entrée dans une ère de capitalisme naïf.

Il a conduit à privilégier les intérêts d’actionnaires aux stratégies de court terme : c’est pour eux le cours de Bourse quotidien qui compte et c’est donc la spéculation qui motive. C’est une folie économique, mais c’est surtout un suicide industriel : une stratégie de développement industriel se construit sur un horizon de cinq à dix ans, pas sur une échéance trimestrielle. »  

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