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Christophe Castaner : « Seule l'UE nous permettra de répondre aux défis de notre temps »

28 juin 2018 - Dans une lettre ouverte aux Républicains, le délégué général de LaREM estime que grâce à ses efforts au sein des instances européennes, l'exécutif obtient des améliorations concrètes de la situation de la France.

Dans quelques jours, Les Républicains se réuniront pour parler d'Europe. C'est, en soi, une initiative qu'il convient de saluer : nous nous réjouissons de voir les partis politiques se saisir de cette question fondamentale depuis qu'Emmanuel Macron a, pendant sa campagne présidentielle d'abord, à l'Élysée ensuite, remis le sujet au cœur des débats politiques.

Ce qui nous inquiète, c'est plutôt de voir quelle vision de l'Europe Laurent Wauquiez veut imposer aux Républicains. Dans une tribune publiée récemment, il affublait l'Europe de tous les maux contemporains, la qualifiant de « laboratoire d'une mondialisation déracinée et apatride ». Comme si la France pouvait être grande en étant seule, repliée sur elle-même, sourde au monde qui l'entoure et qui l'attend.

Le cadre institutionnel est là, ni parfait, ni figé d'ailleurs, mais démocratique dans son essence. Il serait temps d'arrêter de considérer l'Union européenne comme une institution étrangère qui nous imposerait des décisions qui nous contraignent, de fustiger « Bruxelles » pour masquer ses propres turpitudes. Ses gouvernants, ce sont nos gouvernants. Ses choix, ce sont les nôtres : le Parlement européen, qui vote les lois, est composé de députés que nous élisons au suffrage universel. Il est d'ailleurs étonnant que Laurent Wauquiez s'exonère du bilan d'une majorité au Parlement à laquelle Les Républicains ont participé depuis de nombreuses années.

Ainsi, on ne peut pas écrire, comme l'ont fait des parlementaires de son parti en janvier dernier dans Le Figaro, que « le Parlement européen ne peut prétendre incarner la volonté des peuples », au risque de piétiner le suffrage de centaines de millions de citoyens français et européens. Au risque de contredire Jacques Chirac, lui qui affirmait en 2000 à Strasbourg que cette institution faisait «entendre la voix et les ambitions des citoyens». Au risque d'égratigner la mémoire de héros de notre Histoire comme Simone Veil, qui présida hier ce Parlement européen que les parlementaires Les Républicains dénigrent aujourd'hui. Mais que les républicains véritables se rassurent : nous portons, à La République En Marche !, une véritable ambition pour l'Europe.

Bien sûr - pourquoi s'en cacher ? - depuis dix ans, l'Europe s'est éloignée des peuples, percluse de doute. Les Républicains ont hélas accompagné ces renoncements au sein de la première force politique au Parlement européen, le Parti populaire européen, et ils s'apprêtent à recomposer les mêmes alliances alors que partout en Europe des forces nouvelles aspirent à fonder un nouveau projet européen.

Parce que nous ne nous résignerons jamais comme l'écrivait Guillaume Apollinaire, « il est grand temps de rallumer les étoiles », celles du drapeau européen, pour éclairer le chemin à emprunter : opposer à l'illusion mortifère du populisme un projet progressiste, crédible et commun.

La démocratie européenne ne saura s'affirmer que lorsqu'elle sera le théâtre d'un véritable débat politique. Il convient de créer un espace public européen, à l'image de l'espace public national. Les conventions démocratiques conduites dans toute l'Europe sont aujourd'hui un moment de débat collectif pour tous les citoyens européens. En France, des marcheurs de La République En Marche ! ont aussi frappé à des dizaines de milliers de portes pour donner la parole aux citoyens sur l'Europe.