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Tribune - Benjamin Griveaux : Retrait de Vincent Peillon de la campagne de Benoît Hamon

10 mars 2017 - Benjamin Griveaux, porte-parole d'En Marche : "Nous demandons le retrait de Vincent Peillon de la campagne de Benoît Hamon".

Benjamin Griveaux : Nous demandons le retrait de Vincent Peillon de la campagne de Benoît Hamon

Les choix de stratégie des différentes campagnes présidentielles appartiennent évidemment à leurs candidats respectifs. Nous constatons que, depuis plusieurs semaines, Benoît Hamon et le Parti Socialiste ont décidé de consacrer beaucoup de leur temps et leur énergie au dénigrement d’Emmanuel Macron, avec une escalade dans l’outrance.

Cela a commencé par des insinuations déplaisantes sur le financement de la campagne d’En Marche – nous espérons pourtant que le candidat socialiste et son équipe connaissent les règles de financement des campagnes, qui interdisent de dévoiler le nom des donateurs sans leur accord (de la même manière qu’il serait inimaginable de demander au Parti socialiste la liste de ses adhérents, qu’ils soient à jour de cotisation ou non).

Cela s’est poursuivi par une figure classique des campagnes politiques à l’ancienne : le colportage de contre-vérités flagrantes sur le programme et les propositions d’Emmanuel Macron, notamment sur les retraites des femmes et le recrutement des professeurs – il est par exemple parfaitement malhonnête de prétendre qu’Emmanuel Macron met en péril l’égalité à l’école, alors qu’il a érigé les petites classes des zones d’éducation prioritaire en priorité absolue de son programme éducatif, considérant que la vraie égalité consistait à faire plus pour ceux qui ont moins. Nous avons franchi ces derniers jours une nouvelle et déplorable étape : Le 2 mars, Arnaud Montebourg a déclaré à l’antenne d’Europe 1 : « Macron est en train de faire le programme de l’UMPS ».

Hier soir, sur France 2, Monsieur Hamon, à court d’arguments, a décidé de désigner Emmanuel Macron comme le « marchepied de Marine Le Pen ».

Ce 10 mars, François Kalfon a également recyclé une expression typique de Marine Le Pen : « Quand vous avez des soutiens de tout bord comme Emmanuel Macron, vous accréditez l’idée de l’UMPS ».

Ce même jour, Vincent Peillon, interrogé sur France Info, a franchi un pas supplémentaire dans l’ignominie en déclarant à propos des ralliements à En Marche :

« Il semblerait qu’il y ait des gens de l’UMP (sic) et du PS qui se mettent ensemble. Vous savez, il y a quelque chose heureusement de têtu dans l’Histoire, c’est comme ça qu’on sait qu’il y a eu des chambres à gaz, et qu’on peut pas le nier, il y a aujourd’hui des gens de l’UMP, il me semble Delevoye, il y a des gens du PS, il me semble Delanoë... ».

Interrompu par les journalistes, Monsieur Peillon a alors précisé :

« Je suis sur les faits, on n’est pas dans l’interprétation ».

Les choses sont donc claires : pour parvenir à leurs fins, ils considèrent que tous les moyens sont bons, y compris celui consistant à emprunter désormais aux pires ficelles de la famille Le Pen. Les propos entendus ce matin n’ont en effet rien à envier à ceux tenus par les dirigeants du parti Front National.

Libre à chaque candidat et à chaque campagne de trahir ses valeurs, de renier ses convictions et les combats qui ont été les siens depuis des décennies. Libre à chaque candidat de faire passer son élection avant tout le reste – nos institutions pour les uns ; la dignité de notre vie publique pour les autres. Nous ne participerons pas à cette escalade mortifère pour notre démocratie, et dont l’indignité n’a qu’une seule conséquence : faire monter le Front National.

Mais la comparaison d’En Marche avec les chambres à gaz est un point de non-retour.

C’est pourquoi nous condamnons avec la plus grande force ce dérapage inqualifiable et demandons à Monsieur Hamon la mise à l’écart définitive de Monsieur Peillon de la campagne présidentielle.

Benjamin GRIVEAUX

Porte-parole d’En Marche !