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Face à la Hongrie de Viktor Orban : lutter ou se renier

11 septembre 2018 - Alors que le Parlement européen débattait aujourd'hui de la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales en Hongrie, battus en brèche par le gouvernement de Viktor Orban, l’UE est confrontée à un choix simple : lutter ou se renier.

Demain, mercredi 12 septembre, aura lieu un vote décisif du Parlement européen sur le déclenchement ou non d’une procédure concernant le respect de l’État de droit en Hongrie.

Si cette procédure est approuvée, elle enclenchera l’article 7 du traité de l’Union qui demande aux États-membres de « constater l’existence d’un risque claire de violation grave par la Hongrie des valeurs sur lesquelles l’Union européenne est fondée ».

Le vote interviendra à la suite du discours prononcé chaque année par le président de la Commission européenne sur l’état de l’Union, dont l’objectif est de définir un cap pour les années à venir. À huit mois des élections européennes, plus que jamais, notre conviction est que cet avenir commun ne peut être fondé que sur le strict respect de ces droits et libertés au cœur du projet politique européen. Ce sont nos valeurs !

Le gouvernement de Viktor Orban, qui célébrait encore le 28 juillet l’avènement d’une « démocratie illibérale » - dont les trois piliers seraient la Chrétienté, la famille traditionnelle et la lutte contre l’immigration - remet profondément en cause des principes aussi essentiels que l’indépendance du pouvoir judiciaire, la lutte contre la corruption et les conflits d’intérêts, la protection des données et de la vie privée, la liberté d’expression, la liberté académique, la liberté de religion, la liberté d’association, le droit des personnes appartenant à des minorités, ainsi que les droits fondamentaux des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés. Face à ce projet politique, envers lequel la fascination grandit au sein de formations d’extrême-droite disséminées partout en Europe, l’Union européenne est confrontée à un choix simple : lutter ou se renier.

Cette alternative nous engage tous, au-delà des appartenances partisanes. C’est pourquoi nous attendons une action résolue de la part des institutions européennes et un positionnement clair des groupes politiques européens. Le Parti populaire européen, qui abrite le Fidesz de M. Orban, doit prendre ses responsabilités. La République En Marche et l’ensemble des progressistes ne laisseront pas l’Europe à ceux qui veulent la détruire.

Car ce débat met au jour les deux visions de l’Europe : la première, c’est celle de l’Europe désunie et des égoïsmes nationaux que souhaitent les nationalistes, les démagogues, au mépris des faits et de l’Histoire. La deuxième est celle que nous proposons : celle d’une refondation pour une Europe souveraine, unie et démocratique et qui agit pour l’avenir de nos concitoyens. Une Europe qui renoue avec les promesses des fondateurs : la paix, la prospérité, la liberté, la solidarité. Une Europe qui revendique avec fierté ses valeurs d’ouverture et de tolérance, de démocratie et de justice. Un projet qui dépasse l’Europe de la déception et de l’immobilisme. C’est cette Europe du progrès qui sera seule à même de rendre l’Europe aux citoyens et au monde.

L’enclenchement de la procédure définie par l’article 7 du Traité serait un premier pas important pour réaffirmer nos valeurs. Certes insuffisant car la procédure exige l’unanimité des chefs d’État et de gouvernement. Mais nous ne devons pas baisser les bras. À l’inverse, nous devons innover. La proposition faite par la Commission européenne le 2 mai dernier, avec le plein soutien du gouvernement français, de conditionner le versement de fonds européens au respect des valeurs de l’État de droit va dans ce sens.

C’est à ce prix que l’Europe restera fidèle à ses valeurs fondamentales.


Christophe Castaner
Délégué Général de La République En Marche !