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La Formation Professionnelle : une chance pour tous !

6 novembre 2017 - Tribune de Benoit GUILLAUMIN

Tout commence par un constat simple :

« Pour la génération de mes parents, on pouvait de devenir directeur d’agence bancaire avec un CAP de boulanger, pourquoi ce qui était possible ne l’est plus ? »

Je vous propose un petit retour en arrière sur mon expérience personnelle et de vous expliquer pourquoi ce cri du cœur quand enfin on nous parle d’investissement dans la formation professionnelle !

Nous sommes en pleine crise économique, début 2009, notre filiale italienne a des prévisions de ventes de l’ordre de -47% par rapport à un niveau normal et elle enregistre des pertes importantes depuis 5 mois déjà. Je suis jeune contrôleur de gestion dans un groupe industriel international et en charge de cette filiale au niveau du siège.

Un matin, je suis convoqué dans une réunion de dernière minute où sont présents le PDG, le DRH, le directeur de cette filiale et le DAF, récent dans l’entreprise.

Après une présentation introductive du responsable de la filiale, le PDG se tourne vers moi et me demande : « Bon Benoît, Combien ? ». Et là le petit contrôleur de gestion, un peu arriviste, fraichement sorti de son cabinet d’audit et après son école de commerce, répond : « je dirai qu’il faut se séparer de 60 à 65 personnes ».

Voilà, c’est dit et ça va se faire, dans le respect des processus internes d’une entreprise ou tout est fait pour que chacun ne se sente pas totalement responsable.

Mais franchement, qui est responsable ? C’est cette question qui hante vos nuits car ce sont 240 personnes environ qui vont souffrir de cette décision.

La réponse, je l’ai eu 18 mois plus tard, en croisant le responsable RH et Stratégie d’une grande école de commerce, quand nous avons discuté de ce sujet qui continuait à me hanter.

Il m’a dit ceci : « Une crise économique est malheureusement quelque chose que l’on doit affronter et vous, en tant que contrôleur de gestion, n’en n’êtes pas responsable et vous devez agir, c’est votre métier.  Par contre, comme tout manager, vous avez une responsabilité c’est de promouvoir l’employabilité des personnes dont vous avez la responsabilité. Promouvoir leur employabilité, c’est ne pas laisser tomber vos collaborateurs dans la facilité, dans la routine, et les pousser à se former continuellement, pour qu’en cas de coup dur ils soient armés pour rebondir. »

Voilà. Il avait et il a raison.

Parce qu’aujourd’hui, soyons clair, soyons franc, le système que nous avons construit, nous met dans des cases.

J’en suis même à me dire que nos enfants n’ont pas intérêts à avoir une adolescence difficile car si ils décrochent scolairement entre 14 et 18 ans et bien ils ne pourront pas devenir ce qu’ils veulent simplement parce qu’au départ, ils n’ont pas eu le bon diplôme…

Ou bien que s’ils s’en sortent, ce sera au prix d’efforts incommensurables et parce qu’ils auront créés leur propre société, tout en sachant qu’il y aura que peu d’élus…

Alors Oui ! Emmanuel, Edouard, Muriel allez-y, bougez-les lignes et remettez la formation professionnelle au centre de nos préoccupations. Développez ces armes de constructions massives qui permettront à ce que les cartes soient rebattues sans cesse et que chacun puisse se construire un avenir dans le travail tout au long de sa vie, générateur d’espoir et de projets.

Car je le dis : « La Formation Professionnelle doit être une chance pour tous et tout le temps! »