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Pourquoi le SNU est une des mesures les plus emblématiques du quinquennat Macron

2 novembre 2018 - Le service national universel est un enjeu de cohésion sociale par ce qu'il porte d'universalité, d'apprentissage des codes de citoyenneté et de mixité sociale.

Cohésion nationale, résilience, « vivre ensemble »… combien de fois ces mots ont jalonné nos discussions de famille ? Sans doute depuis que la déstructuration du corps social apparaît comme une évidence pour beaucoup de Français. En réaction à cette « peur de l’autre », les uns se réfugient dans la construction d’un entre-soi, érigeant des barrières invisibles avec l’espoir que celles-ci les protègent ainsi que leurs enfants ; les autres, notamment les plus jeunes, s’enferment dans leurs bulles sociales ou culturelles à la recherche de repères que la République ne leur offre plus. Ce phénomène frappe désormais également les rapports entre urbains et ruraux. La méfiance a pris le pas sur la fraternité et sur le sentiment que nous appartenons tous, malgré nos différences, au même corps social.

Un pays désengagé

Dans un pays où les jeunes sont deux-tiers à considérer qu’on ne leur permet pas de montrer de quoi ils sont capables, il est urgent, non pas tant de faire une place aux jeunes, mais de leur donner les moyens de prendre celle qui leur revient de plein droit. Un des challenges à relever est que l’engagement est soumis à un déterminisme social qu’il nous faut lever. En effet, 45% des jeunes ayant terminé leurs études supérieures à 22 ans s’engagent, quand ils ne sont que 24% à le faire à 18 ans. En France, seuls 40% des moins de 30 ans sont membres d’une association. Ainsi, contrairement à une idée établie, le niveau d’engagement de la jeunesse française est loin d’atteindre le niveau de nos voisins européens. A l’Eurobaromètre (2015), la France se classe à la 17eme place sur 28 avec un taux d’engagement (participation à une activité bénévole encadrée) de 23%, quand le Royaume-Uni atteint 32% et l’Irlande 42%.

Se rendre utile pour se sentir utile

Favoriser l’appropriation du collectif, donner de la visibilité à ceux que l’on ne voit pas, créer de la mixité sociale et donc encourager un esprit de cohésion autour de projets communs, c’est ce à quoi le service national universel peut répondre. Avant d’être un élément contribuant à la défense nationale, le SNU est, dans ce qui semble être l’idée du président, avant tout un vecteur de cohésion sociale dont le pays a perdu une partie des bénéfices lors de la suspension du Service militaire en 1997. Plusieurs dispositifs ont tenté de répondre à cette cohésion perdue (Ecoles de la 2ème chance, EPIDE, éléments de la politique de la Ville…). Les armées, avec le Service militaire volontaire (SMV), ont apporté, depuis 2015, leur contribution.

En permettant à la fois de faire se rencontrer des jeunes français de toutes origines sociales, sur des chantiers citoyens et selon des modalités qui ne les rebutent pas, l’idée d’un SNU « à la carte » mais obligatoire, répondant aux besoins de la Nation semble faire son chemin. Le SNU serait ainsi moins un enjeu de défense nationale que de cohésion sociale et pourrait se voir attribuer trois objectifs : universalité, apprentissage des codes de citoyenneté et mixité sociale.

Ces « fondamentaux » devraient faciliter l’accès à l’emploi d’une partie de la jeunesse en recherche de repères, parfois déscolarisée. Ce dispositif ne doit toutefois pas se substituer aux dispositifs d’accès à l’emploi pilotés par les prescripteurs traditionnels.

La mixité permise par le SNU opérerait dans une double direction : décloisonner le monde des élites et permettre à des jeunes en quête de sens, de se confronter à des systèmes de valeurs différents en s’engageant. Le SNU s’adressant à une classe d’âge de 800.000 jeunes par an pourrait ainsi offrir à la jeunesse la possibilité de se sentir utile mais aussi constituer le creuset d’une expérience collective dépassant les clivages sociaux.

Si le service national universel ne devait pas être universel au sens d’une obligation dont les avantages le rendraient incontournable, il n’atteindrait pas son objectif et ne jouerait pas son rôle carrefour de rencontres entre tous les milieux sociaux sans exception.

Ce projet arrivera à « bon port » a affirmé le président de la République lors de ses vœux aux armées. Ceux de nos concitoyens qui défendent les valeurs de fraternité et d’égalité réelle des chances, et ils sont majoritaires, l’y aideront car nous sommes fondamentalement persuadés de l'intérêt de faire se connaître les Français entre eux. Il en va de notre cohésion nationale et de notre sécurité intérieure. Et cela n'a pas de prix.

Guy Lavocat, Membre du groupe de travail sur le service national universel