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Pourquoi il faut sortir la Francophonie des sommets politiques

20 février 2018 - Tribune par le groupe de travail international de La République En Marche

Relancer une politique ambitieuse en matière de Francophonie est un véritable défi tant son image semble parfois désuète ou connotée. Si des sommets des chefs d’État sont organisés tous les deux ans, il n’existe ni grand rendez-vous économique international rassemblant les communautés d’affaires francophones ni système favorisant une mobilité des jeunes au sein de l’espace francophone. La Francophonie d’aujourd’hui est institutionnelle mais elle est trop peu citoyenne ! Certes, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a développé des programmes dans les domaines des médias, des droits de l’Homme, de la culture sans parler des « Jeux de la Francophonie ». Certes l’Agence Universitaire de la Francophonie a développé des programmes en faveur de l’enseignement supérieur francophone. Mais les moyens accordés à tous ces programmes restent limités et loin des besoins nécessaires pour créer et faire vivre une dynamique. Aujourd’hui, la Francophonie parait bien modeste au regard des enjeux.

Pour une francophonie de la création, de l’innovation, de la transmission et du partage

Pourtant, les 275 millions de francophones qui vivent sur les cinq continents ne sont-ils pas les meilleures forces vives et les meilleurs ambassadeurs ? D’autant que leur nombre pourrait tripler d’ici trente ans ! Il faut donc créer les conditions pour que ces millions d’étudiants, de scientifiques, d’entrepreneurs, d’enseignants, d’artistes, s’approprient la francophonie pour créer, innover, transmettre, échanger. En bon français, il convient de clore l’ère du top/down et en venir –enfin ! – à une Francophonie par et pour les citoyens.

L’enjeu est de rendre la Francophonie séduisante, ouverte, multiculturelle, utile et attractive, telle qu’a commencé à la décrire et la promouvoir le Président de la République lors de ses déplacements internationaux. Ne l’imposons pas via des lois, des traités ou des accords politiques mais faisons tout pour que des citoyens de tous les pays y viennent naturellement ainsi qu’à la langue française.

Prendre en compte cette évolution, c’est faire de la francophonie une politique de la demande. Il reste donc à inventer les rendez-vous et les programmes qui permettront aux francophones et futurs francophones de se rencontrer pour échanger, commercer ou réfléchir ensemble. Ce sont bien ces agoras et réseaux francophones – réels et virtuels – qu’une politique publique en faveur de la francophonie doit encourager et accompagner en laissant les initiatives émerger et se développer.

A n’en pas douter, la consultation mondiale en cours « Mon idée pour le français », lancée récemment par le gouvernement, permettra de faire émerger sur un mode inédit une multitude d’idées et de projets novateurs pour la francophonie. En quelques jours, plus de 3000 idées « citoyennes » ont déjà été soumises. Il faudra donc avoir l’audace et le panache pour permettre aux citoyens de la francophonie de concrétiser les meilleurs projets issus de cette consultation. Chiche ?

Tribune par le groupe international de La République En Marche !