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Témoin de la violence envers les femmes comme médecin, je vais continuer le combat comme député

7 décembre 2017 - Tribune de Thomas Mesnier, député #LaREM et médecin urgentiste.

Cette femme des beaux quartiers et ses enfants terrorisés. Cette étudiante séquestrée. Cette femme frappée en bas de sa cité. Cette retraitée à la campagne un peu plus isolée.

Les violences sexistes et sexuelles n'ont pas d'âge, pas d'adresse, pas de couleur de peau, pas de religion, ni de classe sociale. Elles sont l'affaire de toutes et tous.

Il y a encore quelques mois j'exerçais aux urgences. La prise en charge de femmes, mais aussi d'enfants, victimes de violences conjugales, c'est le quotidien. Un quotidien auquel on ne peut s'habituer.

Je me souviens de cette femme qui expliquait ses venues répétées par des chutes idiotes dans l'escalier, de celle qui se coupait si souvent en rangeant sa vaisselle ou encore de cette autre victime qui arrivait pour un malaise banal et qu'on découvrait couverte d'hématomes.

A chaque fois la gêne, le refus de la réalité, la honte.

A chaque fois se comprendre en un regard et entamer la discussion prudemment, ne pas brusquer. Prendre le temps. Être sur un fil. Mettre des mots justes sur les actes, accompagner, aider.

Non, ce n'est pas normal. Non, vous ne l'avez pas cherché. Non, ce n'est pas un accident. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois.

Police, gendarmerie, médecins, psychologues, assistantes sociales, associations d'aide aux victime, parquet, tous ces héros du quotidien se mobilisent, se forment, s'organisent pour donner la meilleure aide possible aux victimes.

Aujourd'hui je ne marche plus dans les couloirs des urgences mais je veux continuer à mener ce combat du quotidien à l'Assemblée Nationale.

Nous devons mobiliser, sensibiliser chacune et chacun et faire en sorte qu'une prise de conscience générale s'opère. Le travail est immense, il suffit de lire les commentaires sur les réseaux sociaux... Cela nécessitera du temps et de l'énergie. Commencer dès l'école et continuer tout au long de la vie.

Nous devons former plus et former mieux les policiers et gendarmes, les professionnels de santé mais aussi de la petite enfance. Car ce premier contact est aussi essentiel que difficile aussi, pour l'aidant. Tout se joue sur un fil, un mot maladroit, un mot de trop, et la victime repart jusqu'aux coups suivants. Il faut briser les tabous. Faire que cette question des violences sexistes et sexuelles devienne systématique, que la question soit banale, que la parole se libère. Les aidants la poseront plus facilement. Les victimes l'attendront. Dépister, accueillir, accompagner, aider.

Nous devons les aider avant même qu'elles poussent la porte de l'hôpital, du commissariat. Combien de femmes rencontrées alors que les violences duraient depuis des mois, des années, derrière la porte de cette maison tranquille. Qui autour savait ? Nous avons les outils technologiques pour signaler n'importe où, par téléphone (3919), pas internet, ces violences.

Nous devons sanctionner plus vite, plus fort.

Nous devons #NeRienLaisserPasser.

Je continue ce combat du quotidien. Je m'engage avec Marlène Schiappa, avec l'ensemble du gouvernement, les élus, les professionnels engagés, les associations. Je m'engage avec les victimes, pour les victimes, pour que cela s'arrête. C'est la promesse de notre République.


Thomas Mesnier, député LaREM et médecin urgentiste.