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Tribune - Catherine Barbaroux et Jean-Marc Borello : Faciliter l’accès aux droits sociaux

18 avril 2017 - Tribune de Catherine Barbaroux et Jean-Marc Borello, délégués nationaux En Marche !

Dans un reportage publié la semaine dernière, Libération décrivait le quotidien d’un allocataire du RSA. Outre la précarité quotidienne, les fins de mois dans le rouge et la perte d’estime de soi, ce qui ronge, c’est ce sentiment de ne pas pouvoir se projeter. De ne (sur)vivre qu’au jour le jour. Les travailleurs sociaux savent combien derrière la précarité financière il y a souvent la marginalisation sociale. Parfois jusqu’à l’effacement des individus.

Celles et ceux qui stigmatisent les pauvres ou les chômeurs savent-ils que près d’un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA n’en font pas la demande auprès des CAF ? Soit par manque d’information sur leurs droits, soit par résignation face aux complexités administratives. Mais aussi pour beaucoup, par refus de se sentir stigmatisés, d’être assignés à une allocation. Ce non-recours aux droits ne concerne pas que le RSA, mais l’ensemble des prestations sociales. Ainsi, chaque année, l’État « économise » plusieurs milliards d’euros du seul fait de l’opacité du système pour celles et ceux qu’il prétend protéger. Cette situation n’est pas digne d’un pays comme la France. Et le projet d’émancipation que porte Emmanuel Macron y mettra fin. Comment compte-t-il y parvenir ? D’abord en reversant la charge de la complexité administrative et en réduisant au strict minimum les démarches nécessaires pour faire valoir ses droits. Concrètement, la CAF récupérera tous les trois mois auprès des autres administrations les informations sur la situation professionnelle des individus. Ce qui lui permettra de calculer automatiquement les prestations et de verser à chaque famille les droits qui lui sont dus.

Les prestations seront également versées en une fois, au plus tard le 5 du mois, et ajustées régulièrement en fonction de l’évolution des situations. Ainsi, la reprise d’un emploi viendra débloquer automatiquement la prime d’activité, qui sera par ailleurs revalorisée de 80 € par mois pour un salarié au SMIC.

Certes un tel chantier pour l’accès aux droits ne saurait être conduit hâtivement. Il soulève des enjeux de systèmes d’information et de protection des données personnelles. Mais il sera engagé dès les premières semaines du quinquennat afin d’aboutir d’ici 2020.

Parallèlement, la domiciliation, qui consiste à fournir une adresse postale aux personnes sans-abri afin qu’elles puissent faire valoir leurs droits civiques et sociaux, sera rajoutée aux missions de service public de La Poste. Cela relève aujourd’hui de la responsabilité des associations agréées par l’État — mais elles n’en ont pas toujours les moyens –, ou des communes, mais certaines s’y soustraient pour ne pas « fixer » les personnes sans-abri. La complexité des procédures ou leur contournement ne doit plus enfermer les individus dans l’exclusion. C’est l’engagement d’Emmanuel Macron.

Enfin, pour combattre le fléau du non-recours, il nous faudra également changer de regard sur la pauvreté. Passer de l’indifférence, ou du discours stigmatisant, à une bienveillance qui, seule, peut faire le pari de l’émancipation. Car au-delà du devoir moral dans un pays riche comme le nôtre, il en va d’un impératif social et économique pour qu’aucun potentiel humain ne soit laissé au bord du chemin.

C’est le sens de nombreuses initiatives locales pour favoriser l’insertion par l’activité économique. L’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée », portée par ATD Quart Monde et adoptée l’année dernière à l’unanimité des parlementaires en fait partie. Ce sera également le sens de l’accélérateur d’initiatives locales que mettra en place Emmanuel Macron, pour redonner tout son pouvoir à la société civile. Et pour que l’État soit réellement au service des citoyens.




Catherine Barbaroux, ex-présidente de l’Adie (aide au micro-crédit), déléguée nationale d’En Marche !

Jean-Marc Borello, président-fondateur du groupe SOS (économie sociale et solidaire), délégué national d’En Marche !