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Au nom de la liberté, au nom de la justice : en marche vers la parité

1 novembre 2017 - Tribune de Linda Diguet.

« Ici, c’est le rayon filles. Les jouets pour garçons, c’est là-bas » indique la vendeuse où les poupées laissent place aux jeux de construction. Ce court dialogue vous apparait anecdotique ? Et pourtant… Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu’une petite fille n’a pas les capacités de construire cette caserne de pompiers ? Et un petit garçon de s’occuper d’un bébé ? Fut-il en plastique.

Loin de condamner les rêves de princesse des petites filles ou de super-héros des petits garçons : le jouet reflète à son insu, son époque et la société qui le crée. A ce titre, comment ne pas nous interroger sur le fonctionnement de notre démocratie et notre société ? Comment s’applique aujourd’hui la parité en France ? Quelles mesures pour nous assurer qu’elle soit définitivement « en marche » ?

Du droit de vote et d’éligibilité des femmes à la parité.

29 avril 1945. Carte d’électrice en poche, les Françaises ont le droit, pour la première fois, d’aller voter et d’être élues (élections municipales). Alors qu’elles deviennent citoyennes à part entière, les femmes restent absentes aux bancs des Assemblées élues.

08 juillet 1999. Notre Constitution est modifiée pour « favorise[r] l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».

23 juillet 2008. Une seconde révision constitutionnelle étend le principe de parité aux sphères professionnelles et sociales.

70 ans après : où en sommes-nous ?

D’après le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, la représentation entre les femmes et les hommes progresse dans les sphères politique, économique et sociale mais reste inégale.

POLITIQUE - En 2016, la France se classe 60ème sur 191 pays classés par ordre décroissant du pourcentage de femmes dans la Chambre unique ou Chambre basse (Assemblée nationale en France) (source : Union interparlementaire, 1er juin 2016).

ECONOMIE - Au sein des plus grandes sociétés françaises cotées en bourse (CAC 40), la part des femmes, membres des conseils d’administration ou de surveillance, excède l’objectif de 20% fixé par la loi du 04 août 2014 (source : Ethics & Board – Post GA 2008 – 2015, 1er juin 2015). Néanmoins et à ce jour, aucune femme n’est Présidente Directrice Générale (PDG) de l’une des 40 entreprises du CAC 40.

Quant aux bureaux des associations, 60% des femmes exercent une fonction de secrétaire à l’inverse de celle de présidente pour laquelle elles représentent 34% (source : Enquête CNRS – Centre d’économie de la Sorbonne « Le paysage associatif français » 2011-2012).
Force est de constater que les lois précitées favorisent l’application de la parité mais les stéréotypes tels que le cantonnement de la femme aux rôles traditionnels (dès l’enfance), la discrimination et l’autocensure restent autant de dérives à combattre pour construire aujourd’hui la société égalitaire de demain. Conscient du chemin à parcourir, Emmanuel Macron inscrit cet objectif au cœur de son projet afin que la parité, en France, soit définitivement « en marche ».

Propositions d’Emmanuel Macron : une condition de l’émancipation, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et l’accès aux opportunités économiques.


Le projet d’Emmanuel Macron s’articule autour de 3 principaux axes :

  1. L’égalité dans la sphère privée : permettre aux hommes et aux femmes de concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle avec la création d’un congé de maternité unique, garanti pour toutes les femmes, quel que soit leur statut, aligné sur le régime le plus avantageux.

  2. L’égalité dans la vie professionnelle : permettre aux femmes de vivre de leur travail en s’assurant du respect des lois existantes. Pour ce faire, des entreprises seront, sans les prévenir, aléatoirement auditées sur leurs pratiques salariales et leurs politiques de ressources humaines, et celles qui ne respecteront pas l’égalité verront leur nom rendu public (« name and shame »).

  3. La lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes, notamment avec une campagne de sensibilisation, à l’échelle nationale, dès la première année du quinquennat. Une certitude, ces mesures nous permettront de promouvoir et accompagner la parité, une condition sine qua non de notre démocratie. Alors, au nom de la liberté, au nom de la justice, mettons-nous « en marche » vers la parité !

Tribune de Linda Diguet.