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Tribune - Marlène Schiappa : Pour qu’enfin l’égalité femmes-hommes soit une priorité politique

18 avril 2017 - Marlène Schiappa est maire-adjointe du Mans déléguée à l’égalité, fondatrice de Maman travaille, auteure de « Plafond de mère » et de « Où sont les violeurs ? », référente En Marche égalite femmes-hommes, membre de la CNI.

Pour qu’enfin l’égalité femmes-hommes soit une priorité politique, je vote Macron !

Le vote d’avril et mai 2017 déterminera qui présidera la République française pendant les cinq prochaines années.Concernant l’égalité entre les femmes et les hommes, il n’y aura pas de statu quo. Ne pas voter pour Emmanuel Macron, c’est tout simplement laisser faire, laisser perdre les droits des femmes si durement acquis par nos aînées. C'est laisser gagner la réaction: le clan qui parle d’avortements de conforts, veut le retour des femmes au foyer et se moque de la parité.

Quel serait un quinquennat avec l’un des adversaires d’Emmanuel Macron au pouvoir, pour les femmes ?

Prenons quelques déclarations. Sur le pilotage politique qui permet la mise en œuvre de l’égalité femmes/hommes d’abord. Marine Le Pen: « La parité est contraire à la méritocratie républicaine » (France 2, 2012) « Je suis contre un Ministère des Droits des Femmes, les femmes ne sont pas des petites choses fragiles à protéger » (Science Po, mars 2012, à Valérie Toranian). Quand il était Premier Ministre, François Fillon n’était pas non plus très attaché à la parité. Son premier gouvernement (2007) comptait 34% et non 50% de femmes comme il ment parfois en l’affirmant.. François Fillon est également le Premier ministre qui a annoncé à NKM qu’elle serait Secrétaire d’Etat et non pas Ministre comme prévuinitialement, en raison de sa grossesse, ce qui serait condamnable pour discrimination dans n’importe quelle entreprise. Et sur la photo récente des candidats aux législatives sous la bannière des Républicains, il a beau avoir mis les quelques femmes devant pour cacher, ça ne trompe personne : le parti de François Fillon investi toujours majoritairement des hommes, au demeurant plutôt âgés, et blancs, à l’exclusion d’autres profils.

Avec Fillon et Le Pen : les femmes à la cuisine, les hommes au pouvoir

J’exagère ? Pas vraiment. Dominque Martin, FN, a demandé au Parlement européen en 2015 le droit pour les femmes de « rester chez elles » évoquant la liberté pour les femmes de « ne pas travailler ». Ou comment détourner les mots « droit » et « liberté » de leur sens véritable Daniel Mach, député LR a lui carrément déposé en 2009 une proposition de loi contre « le travail salarié des mères » !

Le retour des aiguilles à tricoter

Globalement, les programmes de Fillon et Le Pen sont des copiés-collés sur l’IVG, ils sont tous les deux « personnellement pas favorables » à l’IVG, souhaitant permettre qu’on l’entrave (François Fillon affirmant qu’il « reviendra sur l’extension du délit d’entrave) qu’on cesse de le rembourser (Marion Le Pen) qu’on le dénigre : « Des femmes utilisent l’IVG comme moyen de contraception, je le dis, je le répète » (mars 2012, à Sciences Po, ibid) Marion Maréchal-Le Pen parle « d’avortements de conforts » comme sa tante et estime que « les IVG ne devraient pas être remboursés, ce n’est pas à l’Etat de prendre un charge l’inattention des femmes ». Une déclaration qui prouve au passage qu’il est grand temps de renforcer l’éducation sexuelle auprès des jeunes générations !

François Fillon, encore : « Philosophiquement et compte-tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement. » (mars 2016, meeting dans les Yvelines, propos cités sur France 2.) Catherine Giner, Adjointe au Maire de Marseille, Secrétaire nationale Les Républicains à la famille et aux liens intergénérationnels, a déclaré que l’IMG (interruption médicale de grossesse) était un « permis de tuer ». Bruno Retailleau, bras droit de François Fillon, se vante souvent que la Vendée (qu’il a présidée) soit le seul département à ne pas avoir donné un seul euro de financement au Planning Familial, quand Emmanuel Macron au contraire veut en augmenter les subventions (La Provence, avril 2017) Bref, avec Fillon ou Le Pen et leurs clans sectaires à la Présidence de la République, c’est le retour des aiguilles à tricoter, des avortements clandestins ou à l’étranger pour celles qui en ont les moyens !

Mais qui va garder Sens Commun ?

Au lendemain de l’arrivée en tête de François Fillon à la primaire de droite, les journalistes ont reçu un communiqué de presse sans complexe se félicitant de ce beau score.Il était signé… La Manif pour Tous. Marion Maréchal Le Pen a longuement évoqué une alliance possible avec le mouvement anti droits des femmes et des LGBTI qui en émane, « Sens Commun ». Et c’est finalement François Fillon qui leur offre cette semaine une place à son futur gouvernement !

Avec Emmanuel Macron, enfin une nouvelle ère pour les femmes !

Au contraire, avec Emmanuel Macron, une nouvelle ère s’ouvrira pour les femmes. Vie privée, vie professionnelle, vie publique : Dans la France d’Emmanuel Macron, il sera évident que les femmes peuvent s’engager politiquement et prendre le pouvoir. Elles y seront incitées (comme avec la vidéo d’appel à candidatures d’Emmanuel Macron) et aidées pour la période de transition (comme avec les journées de formation organisées au QG d’En Marche) qui nous permettra de passer de 20% de femmes à l’Assemblée nationale à près de 50%.En Marche est déjà une organisation paritaire voire au-delà : 6 membres de la commission d’investiture sur 9 sont par exemple des femmes.

Dans la France présidée par Emmanuel Macron, l’égalité entre les femmes et les hommes sera la grande cause nationale du quinquennat. Elle irriguera tous les sujets, partout, tout le temps, avec des feuilles de routes et des objectifs chiffrés pour chaque ministère : travail, santé, sécurité, éducation… tous ces chantiers seront traités avec une grande ambition ; l’égalité, ni plus ni moins.

La lutte contre la culture du viol sera une priorité absolue.Quand la lutte pour la sécurité routière a été déclarée « grande cause nationale », les chiffres des morts sur la route ont baissée tangiblement. Des spots télévisés, des campagnes virales, des actions massives en direction des plus jeunes : il est possible de faire de même avec la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 90% des violeurs n’ont aucune pathologie mentale d’après Amnesty International : cela signifie que c’est un sujet culturel et sociétal avant tout. Nous ferons en sorte qu’il n’y ai plus 83000 viols par an en France et qu’une femme ne meurt plus tous les trois jours sous les coups de son conjoint en actionnant tous les leviers à la disposition de l’Etat en nous concentrant sur les faits plus que sur les textes. Grâce au travail mené par des féministes et des responsables politiques d’hier et d’aujourd’hui, la loi a changé : maintenant, la vie doit changer.

Il est inacceptable que nous répétions ces mêmes chiffres d’inégalités : 80% des tâches ménagères accomplies par les femmes, 12 à 27% d’inégalités salariales entre hommes et femmes, 20% de femmes à l’assemblée nationale… depuis des décennies alors qu’une volonté politique forte suffit à les faire baisser ! Cette politique forte, elle est incarnée aujourd’hui par Emmanuel Macron, avec le lancement d’une action massive de communication et de pédagogie, des sanctions exemplaires, des formations et des moyens pour les forces de police et la possibilité de verbaliser via des amendes immédiates le harcèlement de rue et les injures sexistes. La notion de consentement et la lutte contre les stéréotypes seront aussi à la base d’actions concrètes d’éducation. A la lumière des préconisations du récent rapport Flavent / Calmettes, nous irons vers un allongement du délai de prescription des viols et violences sexuelles.

Toutes les femmes auront droit à un congé maternité garanti, universel : qu’elles soient entrepreneuses, professions libérales, salariées… leur statut ne sera plus un préalable à un véritable congé maternité bien rémunéré. Pour celles qui ont plusieurs régimes, c’est le plus avantageux qui primera, via un portail de formalités unique. Le congé paternité sera lui, rallongé et encouragé. Pour permettre aux jeunes parents de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale (conciliation qui pèse actuellement plus fortement sur les femmes) les critères d'attribution des places en crèches seront rendus publics.

Le name and shame des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale sera monnaie courante et l’Etat se rendra, dans ses nominations, absolument exemplaire et l’autonomie financière des femmes sera renforcée via l’option d’individualisation de l’impôt pour les couples qui le souhaitent.

Enfin, il sera rendu aux associations qui luttent pour l’égalité entre les femmes et les hommes leur juste place. Elles bénéficieront de davantage de moyens car il est inadmissible que ce soit le seul secteur qui repose massivement sur le bénévolat et le bon vouloir des femmes - dont beaucoup ont déjà à gérer leur propre situation. C’est la double peine. Un réseau de lanceuses et de lanceurs d’alertes de la société civile sera créé et aura un accès direct et permanent au ministère concerné.

On ne vote pas dimanche 23 avril et dimanche 6 mai pour se faire plaisir, pour apporter un témoignage, ou par esprit de clan. On vote pour élire le Président de la République qui pilotera l’action de la France pendant les cinq prochaines années. Voulons-nous que la France fasse de l’égalité femmes-hommes une priorité politique ?

Nous avons 5 ans pour faire entrer la France dans une nouvelle ère pour les femmes. A nous d’empêcher que ces cinq années soient passées à reculer. En Marche vers l’égalité entre les femmes et les hommes : votons Emmanuel Macron !




Marlène Schiappa Maire-adjointe du Mans déléguée à l’égalité, fondatrice de Maman travaille, auteure de « Plafond de mère » et de « Où sont les violeurs ? », référente En Marche égalite femmes-hommes, membre de la CNI.