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En Syrie, il est urgent de mettre fin à la "guerre aux civils"

30 avril 2018 - Le 7 avril dernier dans la région de la Ghouta, plusieurs dizaines de personnes sont mortes gazées par des armes chimiques que le régime syrien continue d’utiliser. La France et ses alliés ont frappé les dépôts : il le fallait.

En Syrie, il est urgent de mettre fin à la « guerre aux civils »

Avec l’offensive brutale sur la Ghouta orientale, qualifiée de véritable « enfer sur terre » par le Secrétaire Général de l’ONU, la crise humanitaire a atteint un paroxysme. Plus d’un millier de civils y sont morts, la population s’abritant tant bien que mal dans des caves, la terreur des raids aériens, des largages à l’aveugle de barils d’explosifs, faisant face à des pénuries de nourriture et de médicaments.

Le 7 avril dernier, ce sont 43 personnes qui sont mortes gazées par des armes chimiques interdites depuis des décennies et que le régime syrien continue d’utiliser.

En frappant le programme chimique syrien, la France, en coalition avec les États-Unis et le Royaume-Uni, a pris ses responsabilités. Face aux blocages systématiques du Conseil de sécurité de l’ONU après une douzaine de vétos russes, face aux violations systématiques par la Syrie de ses obligations internationales, face au refus de Damas de démanteler son programme chimique La France a refusé le défaitisme et l’impuissance.

Ciblant des zones de stockage, de production et de recherche en matière d’armes chimiques, les forces militaires françaises ont agi avec précision, sans faire aucune victime. Nous tenons à saluer le professionnalisme et l’efficacité de nos armées qui renforcent la France comme puissance internationale.

L’une des pires tragédies de notre temps

Les chiffres ont perdu leur sens : aux 350 000 morts, dont plus d’une centaine de milliers de civils, s’ajoutent des centaines de milliers de disparus, probablement décédés ou emprisonnés dans les geôles du régime de Damas. Des hôpitaux sont ciblés par l’armée d’Assad. Des entraves systématiques sont opposées à l’arrivée de convois humanitaires et de médicaments à destination des populations civiles.

5,6 millions de réfugiés et plus de 6 millions de déplacés craignent toujours pour leur vie et leur sécurité. En cas de retour, le pire serait à craindre : expropriations, conscription forcée, incarcération dans les prisons d’un régime sanguinaire, voire torture. Ce bilan humain dramatique en fait la pire crise humanitaire que la Méditerranée ait connu à l’époque moderne.

Le recours répété aux armes chimiques par le régime contre son propre peuple constitue un palier supplémentaire dans la barbarie. L’ONU recense plus de 35 attaques chimiques depuis 2013 dont celle de Khan Cheikhoun qui a coûté la vie à 89 personnes il y a à peine un an. La responsabilité de ce massacre a formellement été attribuée au régime de Damas par les experts de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

La « stratégie Macron » : fermeté sur les valeurs humanistes, pragmatisme sur la méthode

Depuis son élection, le président Macron a mené une stratégie claire : allier la fermeté sur la protection des populations civiles en Syrie et la lutte contre Daech avec le pragmatisme en matière de négociation d’une issue à la crise.

Fermeté d’abord en plaçant au cœur de l’action de la France en Syrie, la sécurité des Français et la lutte contre Daech. Au sein de la coalition internationale et en appui des combattants Kurdes, la France a eu un rôle majeur dans la destruction du fief de Daech à Raqqa. Désormais, il s’agit d’éviter la résurgence du terrorisme en Syrie en soutenant les populations civiles et en préparant les conditions de la paix.

Fermeté encore, en refusant l’impunité et en frappant le programme chimique syrien en coalition avec les États-Unis et le Royaume-Uni. Le président Macron l’avait rappelé à l’ONU en septembre dernier : la France sera intransigeante face à l’emploi d’armes chimiques et ne laissera pas ces crimes sans réponse. La réponse militaire de la France et ses alliés a été déterminante, avec la destruction d’une bonne partie du stock chimique syrien.

Fermeté enfin, en faisant de l’accès aux soins et à l’aide humanitaire une priorité de la diplomatie française. La France a fait adopter à l’unanimité à l’ONU une résolution sur l’adoption d’un cessez-le-feu et l’acheminement de l’aide aux populations civiles. Le président Macron a également décidé la mise en place d’un programme humanitaire d’urgence de 50 millions d’euros, destiné aux ONG qui agissent sur le terrain en Syrie.

Pragmatisme d’autre part, en œuvrant pour un dialogue avec tous les acteurs de la crise. Ce n’est qu’en les réunissant autour de la table que nous pourrons arriver à une solution durable à cette trop longue crise. Ce dialogue, la France l’entretien tout particulièrement avec la Russie, dans la continuité de la visite officielle du Président Poutine à Versailles et la perspective de la visite du président Macron à Moscou en mai.

Pour que la crise syrienne ne se prolonge pas en une « décennie noire », il est urgent de poursuivre cette action. Sans cela, la Syrie demeurera la principale menace à notre paix et notre sécurité, mais aussi la grande défaite morale et humaine de notre temps.