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C qui le Patron ?, la marque du consommateur

30 octobre 2017 - « Et on s'est dit : ça ne peut plus durer, notre argent doit servir à quelque chose de bien. »

1/3 de nos agriculteurs gagne moins de 350€/mois. Comment peut-on savoir en tant que consommateur si les producteurs ne sont pas les grands perdants de nos achats ?

La marque C’est qui le patron ?! rémunère le producteur au juste prix et fait du consommateur... le patron.





Alexandre Pichard

« Le problème, comme tout le monde le sait, on a un problème de rémunération dans le monde agricole et on a aussi un manque de considération de notre métier. Donc c'est, pour moi, ce qui me dérange aujourd'hui, c'est que j'estime faire un produit de qualité et respecter mes consommateurs, sauf que je n'arrive pas à lui faire comprendre. »

Benoit Filoche

« Benoit Filoche, je suis agriculteur en Mayenne. »

A.P.
« Alexandre Pichard, producteur laitier dans le département de la Mayenne. »

B. F.
« On produit du lait avec ma femme et mon père et je suis papa de deux enfants de 2 et 5 ans. »

A.P.
« On s'est installés avec ma femme, nous produisons du lait, des taurillons, et nous faisons des cultures de blé. »

B. F.
« On travaille déjà quand même pas mal d'heures par semaine pour être rémunérés, tout le monde le sait maintenant : moins de 350€ par mois, ça n'a pas de sens. »

A.P.
« Il y a une alchimie qui se fait avec le consommateur qui commence à se rendre compte que, plus il ira chercher le prix le plus bas, plus il y aura un produit de moins en moins sécurisé. Donc voilà, c'est une question de santé aussi derrière tout ça. »

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Nicolas Chabanne

« Je suis Nicolas Chabanne, je suis un des co-initiateurs de C'est qui le patron ?, la brique de lait équitable créée par les consommateurs. On avait évidemment l'information que les producteurs avaient de grandes difficultés, et on voulait créer un lait. Participer à la création d'un lait qui permettrait au producteur de vivre de son métier.

Donc on a posé une question simple : combien manque-t-il sur un litre de lait pour qu'un producteur en vive ? Et bien on s'est rendu compte que c'était seulement 8 centimes. Huit centimes fois cinquante litres de lait - ce qu'on boit en moyenne tous les ans - ça faisait 4€ par an. Et on s'est dit : ça ne peut plus durer, notre argent doit servir à quelque chose de bien. Pour la brique de lait, on avait 8 questions en ligne et on a choisi la rémunération du producteur, est-ce qu'on veut rajouter quelques centimes pour qu'il puisse vivre de son métier ?

La réponse a été un grand oui, on a même rajouté deux centimes de plus pour qu'ils prennent une semaine de vacances. Vous voyez, il y avait une incidence directe.

On a choisi qu'il n'y ait pas d'OGM dans l'alimentation des vaches, c'était important, 5 centimes de plus. Et à chaque fois qu'on avait fait ce choix, on avait un oeil sur le prix qui montait en fonction des choix qu'on faisait. Des vaches qui voient du pâturage, 1 à 3 mois : 3 centimes. 3 à 6 mois : 5 centimes. Donc c'était assez pédagogique pour que tout le monde puisse choisir le critère important pour lui, qui se traduisait immédiatement par le prix, qui a fini ensuite à 99 centimes.

On a aujourd'hui quatre produits qui ont été créés par les consommateurs et qui sont en rayon. Le lait, effectivement, qui est dans 9 000 points de vente aujourd'hui, ce qui est une surprise incroyable pour nous aussi. Beaucoup de distributeurs ont accepté de relayer l'initiative. Vous avez une pizza, c'est plus atypique mais c'était le premier produit il y a trois ans qui avait été pour un autre aspect, c'est la traçabilité : d'où vient la tomate, d'où vient le fromage, comment son payés ces différents ingrédients au producteur.

Vous avez le jus de pomme équitable qui soutient les producteurs de pommes parce qu'ils sont en difficulté et qu'il fallait leur donner un coup de main, contre de la qualité. Et le petit dernier c'est le beurre bio. »